Z – Zones géographiques

Rhône Alpes Auvergne, Centre Val de Loire,  Nouvelle Aquitaine

Les logiciels de Généalogie (j’utilise pour ma part Heredis) permettent de voir d’un coup d’œil dans quels pays, régions ou villes nos ascendant habitaient.

Bien évidemment des tendances se dessinent, qui sont sujettes à évolution au fur et à mesure que les recherches avancent, mais cela me permet de faire un point à un instant « t » des régions d’origine de mes ancêtres.

Là où dans le billet consacré au XIXème siècle je replaçais mes recherches dans une perspective historique, c’est une approche géographique complémentaire que je souhaite synthétiser ici.

Il apparaît assez nettement une concentration des membres de ma famille (65%) sur Saint Etienne (Loire) et sa région immédiate.

L’origine de la branche AULAGNIER est en Haute-Loire à Tence.

Celle de la famille COLOMB dans le secteur de Saint Héand dans la Loire dans les monts du Lyonnais.

Au XIXème siècle d’autres membres de ma famille sont venus vivre à Saint Etienne et dans la proche banlieue (RICHER, SAPEY, …)

Au final mes parents et grands-parents ont tous habité et vécu à Saint Etienne où moi-même j’ai habité et effectué une partie de mes études universitaires.

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La région Centre (20%), est aussi bien représentée sur les villes de Tours, Châteaudun et Orléans.

Cela concerne essentiellement la branche RICHER.

Il est assez amusant de constater que 85% des membres de mon arbre généalogique ont vécu à proximité du fleuve Loire.

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Avant de se déplacer sur la région Centre (cf ci-dessus) une partie de mes ascendants (branche TOUSSAINT) était originaire de Charente Maritime (15%) plus précisément du secteur de La Rochelle.

Sources :

Heredis

R – Ravat (Le passé industriel de Saint Étienne)

Marcel RICHER 1887-1976 (Sosa 6)

Mon grand-père, avant de s’installer autour de 1930 à son compte en qualité d’artisan fabricant de formes de découpe, rue Jacquemont à Saint Etienne, avait travaillé comme mécanicien ajusteur au sein des usines RAVAT

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Ville minière, c’est surtout ainsi qu’elle est reconnue, Saint Etienne était une ville industrielle avec ses aciéries, sa Manufacture d’Armes, la Manu…,  et la société Manufrance.

« Les Fonderies, Forges et Aciéries de Saint-Etienne, créées en 1865 par l’ancien directeur technique de l’usine de Petin Gaudet de Saint-Chamond, Charles Barroin. Les spécialités de l’entreprise sont identiques à celles de Marine : rails (8000 tonnes sur les 21000 tonnes de métal transformées), plaques de blindage, frettes, éléments de canons, le tout en acier puddlé. Toutefois, Saint-Etienne s’est orientée dès l’origine vers des matériels puissants permettant des fabrications plus lourdes, avec le début du forgeage des plaques au laminoir – alors le plus puissant de France »*

ravat-7La production industrielle s’orientait dans deux productions, les armes et les cycles.

Il y avait en effet une similitude certaine entre la fabrication des futs de canons et des cadres de vélos, les mêmes techniques étaient utilisées, c’est ce qu’a clairement démontré Etienne Mimard fondateur de Manufrance la société stéphanoise  d’armes et cycles.

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RAVAT fondée en 1898 par Jules RAVAT et Auguste ARGAUD fabriquait des vélos sous la marque Wonder et des motos.

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Au plus fort de son activité en 1925 RAVAT emploiera jusqu’à 1200 ouvriers et produira plusieurs dizaines de milliers de pièces. Elle fermera en 1954

Sources :

Encyclo du vélo

Archives de Saint Étienne

Musée d’art et d’industrie de Saint Étienne

 

 

P – Passementier

Alexandre Louis Charlemagne AULAGNIER 1819 – 1892 (Sosa 16)

L’industrie textile représentait en France un pan majeur de l’activité économique et industrielle du XIXe siècle avec 4.7 millions de travailleurs.

Filature et tissage en Bretagne, Coton en Normandie, Lin dans le Sud-Ouest…

La région Rhône-Alpes est depuis le XIXe siècle en pointe dans ce secteur avec un important marché aux toiles à Voiron (38), les lainages à Vienne (38), les broderies à Tarare (69) , le travail de la soie à Lyon, les moulinages en Ardèche… et la passementerie à Saint Étienne.

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Elle consiste en la confection de cordons, franges, liserés, dentelles et rubans destinés à l’embellissement des vêtements ou d’éléments d’architecture intérieure.

En fait l’activité liée à la passementerie à Saint Étienne est plus spécialement dédiée à la rubanerie.

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Elle se concentre sur les quartiers du Crêt de Roc et de Montaud.

Elle vient en complément des autres secteur phares du développement de la ville, la sidérurgie, la mine, les armes et les cycles.

Au plus fort de cette activité on comptait près de 7000 ouvriers qui travaillaient dans des usines au sein de la ville, alors que dans la région Lyonnaise concurrente elle tendait à investir plutôt les territoires péri urbains.

Sources :

Médiathèque de Saint-Etienne.fr

Saint Etienne tourisme

Wikipedia
La concentration dans l’industrie textile française au milieu du XIXe siècle Claude Fohlen / Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine

 

M – Montaud

Marie COLOMB (Sosa 7) Camille Clément Marcel RICHER (Sosa 6) Jeannine RICHER (Sosa 3)

« We leave the place we love, then spend a lifetime trying to regain it… Come closer now and see your dreams. Come closer now and see mine. » – Terence Davies « Of time and the city »

« Nous quittons l’endroit que nous aimons, puis nous passons toute notre vie à essayer de le récupérer. Rapprochez-vous maintenant et voyez vos rêves. Approchez-vous maintenant et voyez le mien ».

Le quartier de Montaud est celui dans lequel à Saint Etienne entre 1913 et 1976 ma mère et ses parents ont vécu. Plus qu’un quartier de Saint Étienne c’est un village dans la ville avec son rythme propre et son identité très affirmée, une lumière tamisée un peu grise, une odeur particulière de charbon qui s’imposait à moi à chaque arrivée lors des visites rituelles et mensuelles à mes grands-parents…

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Bien peu d’animation dans cette rue de la Visitation où il résidaient après avoir quitté dans les hauteurs de Montaud l’avenue Jacquemont. La vie commençait à l’arrêt du tram de la Place Carnot, et en même temps l’impression d’être comme hors du temps, à l’abri…

Au coeur du quartier, dans le square Girodet, l’église, centre de gravité du quartier pour ma grand mère qui n’aurait jamais raté la première messe.

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Montaud (Monte alto) est une ancienne commune française de la Loire, située sur une colline au Nord-Ouest de Saint Étienne délimitée au sud par le quartier de Beaubrun.

Elle a été créée pendant la Révolution française et sera rattachée à Saint Étienne en 1855.

Au XIXe siècle Montaud était le quartier des Passementier-rubaniers, avec également une activité minière avec  13 puits de mine et notamment l’exploitation du puits Sainte Marie

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Aujourd’hui Montaud est un quartier résidentiel, qui compte environ 11.000 habitants sur un total de 170.000 habitants pour le total de l’agglomération stéphanoise.

Sources :

Wikipedia / Montaud

I – Indre et Loire (Tours)

Marie, Mélanie, Antoinette TOUSSAINT 1851 – 1934 (Sosa 13)

Antoinette Toussaint est née le 5 Octobre 1851 à 4 heures du matin à L’Houmeau en Charente Inférieure (La Charente Maritime de nos jours).

Située en face de l’ile de Ré, au Nord-Ouest de La Rochelle, la commune comptait environ 350 habitants en 1851.

Son père Antoine, né en 1804 à proximité à Nieul sur Mer était épicier, sa mère Magdelaine Guittet était née à Niort en 1809, Niort où il se sont mariés en 1830.

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Il décèdent à Tours, où ils semblent avoir vécu une grande partie de leur vie, à quelques jours d’intervalle, lui le 10 Février, elle le 2 Janvier 1880, d’une l’épidémie survenue pendant cette période (Variole, Typhoïde, Rougeole ?…).

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Antoinette a donc 28 ans lorsque ses parents décèdent, elle se marie le 24 Juillet 1880 avec Jules Alphonse Richer, un « forgeron en limes » veuf âgé de 38 ans qui habitait quelques rue plus loin (7 rue du vieux pont) que l’atelier de blanchisserie qu’elle avait ouvert à Tours, 3, Rue des Capucins à proximité des quais de la Loire et du Pont de Fil.

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En 1887 naitra mon grand-père Marcel Richer.

Pour une raison que j’ignore, la famille déménage dans la Loire pour s’établir au Chambon Feugerolles dans la vallée de l’Ondaine où Jules Richer exercera le métier de fondeur. Cette vallée située à l’Ouest de Saint Etienne était réputée pour ses forges et ses activités métallurgiques.

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Il décèdera le 19 Juin 1906 d’une commotion cérébrale, laissant sa femme et son fils agé de 19 ans.

Ils habiteront ensemble 136 rue de Roanne, trace est retrouvée sur le livret militaire de mon grand-père pour l’année 1910

Une vie mouvementée donc, qui l’aura conduite des berges de l’océan à la plaine du Forez avec une escale à Tours, il serait évidemment intéressant de connaître les raisons de ces déplacements qui différencient assez remarquablement sa vie de celle de mes autres ascendants qui sont eux restés vivre globalement dans la même région que leur parents.

H – Houilliers

Jacques DENIS 1837 – Sosa 38

« Dans la taille, le travail des haveurs avait repris. Souvent ils abrégeaient le déjeuner pour ne pas se refroidir, et leurs briquets, mangés aussi loin du soleil, avec une voracité muette, leur chargeaient de plomb l’estomac. Allongés sur le flanc, ils tapaient plus fort, ils n’avaient que l’idée fixe de compléter un gros nombre de berlines.

Tout disparaissait dans cette rage du gain disputé si durement. Ils cessaient de sentir l’eau qui ruisselait et enflait leurs membres, les crampes des attitudes forcées, l’étouffement des ténèbres où il blêmissaient ainsi que des plantes mises en cave.

Pourtant à mesure que la journée s’avançait, l’air s’empoisonnait davantage, se chauffait de la fumée des lampes, de la pestilence des haleines, de l’asphyxie du grisou gênant sur les yeux comme des toiles d’araignées, et que devait seul balayer l’aérage de la nuit.

Eux au fond de leur trou de taupe, sous le poids de la terre, n’ayant plus de souffle dans leurs poitrines embrasées tapaient toujours …» *

Émile Zola, Jules Verne et tant d’autres seront les témoins de la révolution industrielle et des bouleversement qu’elle opèrera au sein de la société occidentale et particulièrement en France au XIXe siècle.

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A l’origine il y a le charbon de bois dont le pouvoir énergétique sera vite supplanté par le charbon issu de la terre, la houille, offrant plus de potentiel énergétique et de nombreuses ressources à exploiter dans les sous-sols.

Le charbon permet la production de vapeur, le symbole de cette révolution étant le train qui permet « d’effacer les distances et de réduire le temps »

Le charbon qui alimentera les hauts fourneaux pour produire de l’acier pour construire des machines, des éléments de structures industrielles, de génie civil,…

Les bourgeoisies urbaines investiront pour construire mines et usines et feront appel à une main d’œuvre essentiellement issue des campagnes, cultivateurs et paysans , la classe ouvrière apparaît ainsi pendant que progressivement l’économie rurale et agricole s’atrophie avec la migration vers les villes de dizaines de milliers de paysans.

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Cela est tellement flagrant à la lecture de certaines branches de ma généalogie, notamment la branche Denis qui est le prétexte de cette réflexion.

Les conditions de travail de ces mineurs sont épouvantables et même inimaginables au prisme de nos vies contemporaines, moins de deux siècles plus tard.

Sources :

Emile Zola « Germinal » (*)

Pierrick Auger « les mineurs au XIXe siècle »

 Jules Verne :

Les Indes Noires

Les 500 millions de la Begum

 

B – Beaubrun (Mine de)

 

Anne DENIS 1843 – (Sosa 19)

Anne Denis est née le 14 Février 1843 dans la commune de Beaubrun dans la Loire, d’une famille de mineurs. Son père Jacques né en 1817 était « houillier » de profession lors de la naissance de sa fille.

L’activité minière du bassin Stéphanois remonte au XVIIIe siècle et résulte d’une particularité topographique, la présence à faible profondeur de 3 couches de minerai qui affleurent par endroit les versant de la colline des quartier de Beaubrun et de la Tarentaise.

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Lors de la naissance d’Anne, la commune de Beaubrun avait été créée un an auparavant par détachement de celle de Montaud, elle sera finalement rattachée à Saint Étienne en 1855.

Beaubrun au cœur du secteur minier sera reliée au réseau ferroviaire à partir du quartier du Clapier où une gare sera construite, le nœud ferroviaire ainsi créé permettant l’acheminement du minerai. En 1850 seul un puit (Châtelus I) était en exploitation, les suivants furent ouverts en 1870 et 1907, au XXe siècle l’activité va décroitre après la seconde guerre mondiale, le site étant totalement démantelé en 1971.

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C’est un alors un quartier populaire, vivant et animé situé à l’Ouest de la ville, face au Crêt de Roc à l’Est où se concentraient en XIXe siècle les activités textiles (Passementerie et rubanerie).

Puis au XXe siècle, dans les années 1970 Beaubrun a été dans le mauvais sens du terme un quartier emblématique de la misère et de la précarité.

L’habitat était insalubre il s’en est ensuivi une désertification progressive… des projets urbains récents, dans le cadre de ce que l’on appelle « la politique de la ville » ont conduit à vider définitivement le quartier de son âme. Il est désormais traversé par une voie routière de contournement qui a justifié de détruire l’essentiel du secteur pour mieux le sectionner.

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À l’emplacement de la mine ont été aménagés un parc et un musée, moyens commodes de se déculpabiliser et de célébrer un site déshumanisé après l’avoir laissé à l’abandon et défiguré.

Illustration terrible du manque de vision de nos contemporains dépositaires d’un patrimoine qu’ils ont effacé purement et simplement.

Sources :

Wikipedia

France Bleu