U – Unions / Actes de mariage / Droit de la famille

Évolution du droit de la famille entre le Xème siècle et le XIXème siècle

L’acte de mariage reste la pierre angulaire des recherches du généalogiste, c’est l’acte qui permet avec un maximum de certitude, même si des erreurs peuvent rester possibles, de relier les ascendants entre eux et de s’assurer que « chacun est bien à sa place » et qu’il n’y a pas de confusion avec des homonymes. Du fait de la présence d’un homme et d’une femme identifiés notamment dans les actes de naissance des enfants, le risque d’erreur reste très marginal.

Mais quelle a été l’évolution de l’institution du mariage à partir des Capétiens ?

Entre le Xème et le XVème siècle :

Le pouvoir de l’église catholique est à son paroxysme. Le droit canonique consacre en 1140, notamment à travers les écrits de Gratien, « l’union de l’homme et de la femme qui établissent une communauté de vie entre eux ».

Le théologien Pierre Lombard distinguera en 1151 le « consentement du futur », les fiançailles, du  « consentement du présent » le mariage stricto sensu.

De fait, ce sont les relations sexuelles entre les époux qui portent accord matrimonial présent.

Une fois donné, le consentement échappe aux mariés, c’est le principe de l’indissolubilité et de l’irrévocabilité du mariage, sacrement d’origine divine. La cérémonie religieuse qui encadre le mariage assure la publicité de l’engagement et son caractère solennel.

Il y a également des empêchements au mariage qui sont clairement édictés :

  • Les empêchements dirimants qui annulent le mariage (l’âge entre 12 à 14 ans, l’impuissance…)
  • Les empêchements relatifs dirimants (parenté adoptive, adultère, rapt…)
  • Les empêchements prohibitifs qui eux toutefois ne remettent pas en cause le lien matrimonial (non publication des bans)

Du XVIème au XVIIIème siècle le pouvoir royal va progressivement remettre en cause le monopole de l’église, affirmant sa maîtrise du pouvoir temporel, le clergé étant ramené au niveau de l’exercice du pouvoir spirituel. Un processus de sécularisation du mariage s’engage.

L’église catholique doit également faire face à la réforme Protestante, qui concernant le mariage refuse de considérer le mariage comme un sacrement, c’est le pasteur qui crée le lien matrimonial. Les empêchements au mariages consacrés par la papauté sont ignorés.

La réaction catholique s’affirme au cours du Concile de Trente (1545-1563) qui confirme le sacrement du mariage et qui institue un formalisme, publication de bans, mariage célébré au sein de l’église par un Prêtre en présence de deux témoins.

Les Rois de France interviennent également à travers des édits et ordonnances, et veulent assurer le contrôle des mariages et reprendre le pouvoir des mains du clergé.

Henri III exige le consentement des pères et mères pour les mineurs, la publication de bans et la présence de 4 témoins (Ordonnance de Blois)

Henri IV oblige l’église à appliquer la législation Royale et notamment l’ordonnance de Blois.

Au XVIIème siècle, seul l’état est compétent en matière de législation, les tribunaux ecclésiastiques n’ont plus de compétences en la matière, le contrat civil est dissocié du sacrement.

Après la révolution de 1789 et jusqu’à nos jours, ce principe ne sera pas remis en cause, au contraire, les décrets des 17 et 21 Mars 1803 intégrés au Code Civil fixent les nouvelles règles du mariage.

Le mariage est sécularisé, il est prononcé par un Officier d’État Civil, en présence de 4 témoins et suite à deux publications de bans.

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Le mariage est en principe indissoluble, il consacre la famille comme étant la cellule de base de la société et à ce titre doit être sanctuarisé, la cérémonie religieuse est, elle, annexe, subordonnée, les sacrements du mariages n’ayant plus aucun effet civil ou juridique.

Illustrations :

Jean Luc Godard & Anna Karina – Mariage

Albert Auguste Fourie « Repas de noces à Yport »

Sources :

Histoire du droit de la famille. Marie Hélène Renant – Ellipses

T – Tence

AULANIER Jean-Jacques né le 26 Ventôse An II (Sosa 32) et ses ascendants.

L’origine de la branche « AULAGNIER » est clairement identifiée sur la commune de Tence, au lieu-dit de Costerousse, unité du lieu, de la naissance de Jean-Jacques AULANIER pendant la révolution française à celle de ses ancêtres connus à ce jour, plus précisément Mathieu et Pierre AULHANIER (fin du XVIIe siècle).

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« Tence fut peuplé à l’époque de l’expansion Romaine d’une colonie de légionnaires. Les troupes romaines étaient effectivement présentes dans le pays entre le 2ème et 1er siècles avant JC dans leur conquête de la Gaule et pour la construction de voies (notamment la voie d’Aquitaine dont l’Auvergne faisait alors partie). Tence aurait été un de ces lieux stratégiques pour les militaires et serait devenu le bourg principal d’une de leurs colonies en « récompense de ses travaux ».Un des témoignages de cette présence romaine est la terminaison en « -ac » de plusieurs lieux-dits tençois (Crouzillac, Utiac, …). Et le nom de Tence pourrait venir, selon des sources incertaines, du verbe latin « tendo » évoquant et l’étendue d’un territoire et de tentes dressées pour le campement des soldats.

Au début du 8ème siècle, les Maures, venus d’Espagne, envahirent le sud de la France. Quand ils atteignent le Velay, on assiste à de nombreux pillages dont Tence n’est pas

épargné. évènement qui vaut sa première mention dans l’histoire. Mais les éléments à ce sujet ne restent que très vagues.

La première apparition écrite de Tence ne date que du 10ème siècle.

Au 11ème, un prieuré est créé à Tence, dirigé par des bénédictins. Le prieuré sur l’emplacement duquel on trouve aujourd’hui l’Hôtel de Ville forme le noyau principal de la ville défendu par un rempart (sûrement détruit au 17ème ) avec deux portes d’accès (porte du Sud et porte Saint Antoine).La forte présence d’hommes d’église, puissants seigneurs qui se partagent le pouvoir, entraîne la création de grandes propriétés, de fiefs, qui avec le climat de guerre régnant (Guerre de Cent ans puis guerres de religions), prendront la forme de châteaux ou maisons fortes (résidences et exploitations agricoles de la petite noblesse) afin de se constituer des abris.

À partir de 1560, les guerres de religions éclatent. La terre vellave est très touchée. La Réforme s’étant épanouie dans la partie supérieure du cours du Lignon, la tension entre les deux camps sur le plateau est forte et les luttes sont sanglantes. Tence tombera aux mains des réformés en 1574, pour peu de temps cependant puisqu’en 1577 la ville est reprise par les catholiques et notamment grâce à l’aide des Jésuites qui s’installent alors au prieuré tençois.

En 1891, un pasteur de Saint-Étienne (Loire) en vacance dans la région se rend compte des bienfaits de la campagne sur son fils malade et crée l’œuvre des Enfants de la Montagne. Des structures d’accueil sont alors mises en place pour les jeunes citadins. Cette nouvelle forme de tourisme accompagnée de la création et ouverture en 1902 de la ligne de chemin de fer reliant Tence aux vallées de la Loire et l’ensemble du plateau, essentiellement au niveau de l’économie et de l’habitat. Il est primordial de comprendre cela pour aborder les guerres mondiales.

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En effet le développement d’un tel esprit de tolérance et d’accueil et la présence de ces nombreuses structures vont alors servir de refuge aux victimes. Des exilés politiques allemands et autrichiens qui fuient le nazisme aux espagnols échappant à la Guerre Civile ou aux enfants juifs, logés et cachés dans ces bâtiments (exemple du Chambon sur Lignon avec le Collège Cévenol, la Maison des Roches…) et plus amplement chez l’habitant, sur l’ensemble du plateau, on assiste à une véritable résistance spirituelle, toutes églises confondues. »

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Source :

Histoire de Tence / Communauté de communes du Haut Lignon

 

S – Service Militaire

Jean, Émile, Benoît COLOMB 1861 – 1943 (Sosa 14) / Soldat Classe 1881

Sous l’Ancien Régime les armées étaient essentiellement composées de soldats de métier, volontaires et mercenaires. Toutefois il pouvait, ponctuellement, être fait appel à des soldats issus de milices provinciales qui étaient en général tirés au sort.

C’est le 19 Fructidor An VI (5 Septembre 1798) que la loi Jourdan Delbrel sera promulguée. Elle pose le principe du service militaire obligatoire pour les jeunes de 20 à 25 ans. La durée de conscription est de 5 ans, elle est illimitée en temps de guerre.

« Tout français est soldat et se doit à la défense de la patrie » article 1.

L’engagement volontaire est possible à partir de 18 ans et jusqu’à 30 ans.

Nous sommes sous le Directoire, un an plus tard le coup d’état du 18 Brumaire An VIII marquera le début du Consulat et l’arrivée de Bonaparte au pouvoir. Dès lors les armées de la République vont être fortement sollicitées…

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En 1818, sous la Restauration, Gouvion de Saint Cyr institue une conscription de 6 ans par tirage au sort avec la possibilité de se faire remplacer. Ce système favorise les classes aisées qui ont ainsi la possibilité de se soustraire au service militaire contre versement d’une compensation financière.

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En 1872 le principe du remplacement est supprimé, subsiste un système de tirage au sort pour répartir les conscrits entre ceux qui effectueront 5 ans par rapport à ceux qui ne seront engagés qu’un an.

En 1889 la durée de la conscription est ramenée à 3 ans

Ensuite, et mis à part les périodes de conflits (1er et 2ème Guerres mondiales, Guerre d’Algérie) la durée su service national ne cessera de décroitre, 18 mois en 1923, 13 mois en 1963, un an en 1971 pour arriver à une suppression pure et simple en 2002.

Sources :

Le service militaire en France – Wikipedia

Service militaire sous l’Ancien Régime – DNA

Loi Jourdan-Delbrel – Wikipedia

Conscription au XIXe siecle / histoire-image

R – Ravat (Le passé industriel de Saint Étienne)

Marcel RICHER 1887-1976 (Sosa 6)

Mon grand-père, avant de s’installer autour de 1930 à son compte en qualité d’artisan fabricant de formes de découpe, rue Jacquemont à Saint Etienne, avait travaillé comme mécanicien ajusteur au sein des usines RAVAT

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Ville minière, c’est surtout ainsi qu’elle est reconnue, Saint Etienne était une ville industrielle avec ses aciéries, sa Manufacture d’Armes, la Manu…,  et la société Manufrance.

« Les Fonderies, Forges et Aciéries de Saint-Etienne, créées en 1865 par l’ancien directeur technique de l’usine de Petin Gaudet de Saint-Chamond, Charles Barroin. Les spécialités de l’entreprise sont identiques à celles de Marine : rails (8000 tonnes sur les 21000 tonnes de métal transformées), plaques de blindage, frettes, éléments de canons, le tout en acier puddlé. Toutefois, Saint-Etienne s’est orientée dès l’origine vers des matériels puissants permettant des fabrications plus lourdes, avec le début du forgeage des plaques au laminoir – alors le plus puissant de France »*

ravat-7La production industrielle s’orientait dans deux productions, les armes et les cycles.

Il y avait en effet une similitude certaine entre la fabrication des futs de canons et des cadres de vélos, les mêmes techniques étaient utilisées, c’est ce qu’a clairement démontré Etienne Mimard fondateur de Manufrance la société stéphanoise  d’armes et cycles.

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RAVAT fondée en 1898 par Jules RAVAT et Auguste ARGAUD fabriquait des vélos sous la marque Wonder et des motos.

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Au plus fort de son activité en 1925 RAVAT emploiera jusqu’à 1200 ouvriers et produira plusieurs dizaines de milliers de pièces. Elle fermera en 1954

Sources :

Encyclo du vélo

Archives de Saint Étienne

Musée d’art et d’industrie de Saint Étienne

 

 

Q – Quatorze (La paysannerie sous Louis XIV)

Mathieu AULHANIER (Sosa 532) épouse Clauda LARDON (Sosa 533) en 1695

La branche des AULAGNIER (AULANIER, AULHANIER…), en l’état de mes recherches semble trouver son origine géographique en Haute-Loire, plus précisément à Tence au lieu-dit de Costerousse.

Leur vie quotidienne était-elle conforme à cette représentation, mise en tête de publication, de Louis Le Nain de 1642 « Famille de paysans dans un intérieur » conservée au musée du Louvre ?

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Mathieu AULHANIER était ménager…

Wikipédia donne une définition de ménager tirée du Dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver, Fayard 2006

Le paysan ménager (féminin ménagère) de ses biens est un propriétaire moyen produisant de quoi vivre pour lui et sa famille mais moins riche que le paysan laboureur et possédant entre cinq et quarante hectares, éventuellement une paire de bœufs. Il y en a deux ou trois par village. Il ne vendait sur les marchés que la plus faible partie de sa récolte.

On peut donc considérer qu’il était autosuffisant au plan de l’alimentation de sa famille, mais sans doute directement impacté en cas de mauvaise récolte du fait d’intempéries.

Les condition de vie étaient donc rudes, l’hygiène sans doute assez sommaire, et on imagine avec difficulté dans les veillées au coin du feu des coiffes immaculée et des instruments de musique…

« L’idéalisme rustique qui émane des œuvres des frères Le Nain ne reflète sans doute pas la réalité de la condition paysanne dans ses couches les plus modestes.

Journaliers et saisonniers, qui constituent la majorité de la population rurale, habitent le plus souvent une humble mais honnête chaumière de pierre ou de torchis, couverte de roseaux. A l’intérieur, une seule pièce, chauffée par une cheminée, communique avec l’étable. Le sol est de terre battue. Autour s’étendent la cour, avec ses volailles et son tas de fumier, la mare et un lopin de terre, avec des cultures de choux, de fèves et quelques arbres fruitiers.

L’espérance de vie ne dépasse pas 25 ans

Le mobilier est des plus simples : une table, deux bancs ; une couchette de bois avec un grossier matelas de paille, où l’on dort à plusieurs, des couvertures, pas toujours de draps ni de couettes. Pas d’armoire ni de buffet, mais deux ou trois coffres, où l’on serre un peu de nourriture et ses nippes, robes, sarraus, tabliers, vieux vêtements usés ou rapiécés, rarement lavés. Des baquets permettent de faire de temps à autre la vaisselle : marmites, pots de terre ou de fonte, assiettes, écuelles de bois ou de terre, couteaux (il n’y a pas de fourchettes). La femme travaille non seulement au foyer et au jardin familial, mais aide aussi son mari dans les champs. »*

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En lisant ces lignes, les images du film de Bela Tarr Le Cheval de Turin « A Torinói ló »  me reviennent à l’esprit. Ce film apocalyptique décrit en une dizaine de plans séquence la vie quotidienne d’un cheval, d’un paysan (d’un ménager) et de sa fille. Nous sommes en 1889, le point de départ du film est un fait réel (1), mais nous pourrions tout aussi bien, compte tenu du dénuement des personnages et de leur environnement, être deux siècles plus tôt. Rien n’a changé ici… Nous sommes plongés au coeur d’un monde rural qui n’a présenté aucune aspérité à la modernité.

(1) Le 3 Janvier 1889, à Turin, Friedrich Nietzsche assiste à une scène au cours de laquelle un cocher brutalise son cheval qui est exténué. Nietzsche révolté se jette au cou du cheval pour le protéger, la scène est si violente que l’on date le début de la démence du philosophe de cet instant. Le film de Béla Tarr raconte la vie du cheval à partir de ce moment.

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Sources :

« La France de Louis XIV, pays de contraste »

Jean-Christian PETITFILS Le Figaro 15/10/2007

Dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver, Fayard 2006

P – Passementier

Alexandre Louis Charlemagne AULAGNIER 1819 – 1892 (Sosa 16)

L’industrie textile représentait en France un pan majeur de l’activité économique et industrielle du XIXe siècle avec 4.7 millions de travailleurs.

Filature et tissage en Bretagne, Coton en Normandie, Lin dans le Sud-Ouest…

La région Rhône-Alpes est depuis le XIXe siècle en pointe dans ce secteur avec un important marché aux toiles à Voiron (38), les lainages à Vienne (38), les broderies à Tarare (69) , le travail de la soie à Lyon, les moulinages en Ardèche… et la passementerie à Saint Étienne.

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Elle consiste en la confection de cordons, franges, liserés, dentelles et rubans destinés à l’embellissement des vêtements ou d’éléments d’architecture intérieure.

En fait l’activité liée à la passementerie à Saint Étienne est plus spécialement dédiée à la rubanerie.

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Elle se concentre sur les quartiers du Crêt de Roc et de Montaud.

Elle vient en complément des autres secteur phares du développement de la ville, la sidérurgie, la mine, les armes et les cycles.

Au plus fort de cette activité on comptait près de 7000 ouvriers qui travaillaient dans des usines au sein de la ville, alors que dans la région Lyonnaise concurrente elle tendait à investir plutôt les territoires péri urbains.

Sources :

Médiathèque de Saint-Etienne.fr

Saint Etienne tourisme

Wikipedia
La concentration dans l’industrie textile française au milieu du XIXe siècle Claude Fohlen / Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine

 

O – Obus (L’éclat d’obus)

Mes grands-parents, Joseph AULAGNIER (Sosa 4) et Marcel RICHER (Sosa 6) blessés tous deux par un éclat d’obus pendant la guerre de 14-18.

« Si je vous disais que je me suis trouvé en face de lui, jadis, sur le territoire même de la France !

Élisabeth regarda Paul Delroze avec l’expression de tendresse d’une jeune mariée pour qui le moindre mot de celui qu’elle aime est un sujet d’émerveillement.

— Vous avez vu Guillaume II en France ? dit-elle.

— De mes yeux vu, et sans qu’il me soit possible d’oublier une seule des circonstances qui ont marqué cette rencontre. Et cependant il y a bien longtemps… »

« L’éclat d’obus » paru en 1916 est un roman patriotique de Maurice Leblanc dont l’action se situe au cœur de la grande Guerre.

Son titre est révélateur d’une sombre réalité, le nombre très élevé de blessés par éclats d’obus (60% des blessures au front cf. infra), mes grands parents en étant l’exemple, l’un, Marcel, ayant été blessé à la cuisse et l’autre, Joseph, au visage.

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« Au revoir là-haut » un autre roman, celui-ci de Pierre Lemaitre paru le 21 août 2013 aux éditions Albin Michel, et adapté au cinéma par Albert Dupontel, trouve son point de départ dans les tranchées avec son personnage principal qui réchappera d’un bombardement allemand mais deviendra une « gueule cassée » comme de nombreux autres combattants.

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Si mes grands-parents ont dû faire face à des blessures légères, ce ne fut malheureusement pas le cas de nombreux soldats, défigurés ou emportés par le manque d’hygiène dans les tranchées qui favorisait le développement de terribles infections.

« La guerre de 1914 marque un tournant dans la médecine.

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L’émergence de nouvelles armes beaucoup plus efficaces et les conditions sanitaires et d’hygiène des soldats entrainent l’apparition de blessures nouvelles.

Les plaies par éclats d’obus, grenades, balles mitrailleuses provoquent des entailles à orifices larges où les tissus sont déchirés, et les muscles broyés.

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La complication la plus redoutable des plaies de guerre est la gangrène gazeuse: les lésions profondes sont contaminées par des bactéries qui vont produire des gaz. La gangrène gazeuse se développe plus spécifiquement aux blessures des membres inférieurs. Cette pathologie entraîne l’amputation ou la mort dans bien des cas.

Les autorités médicales vont vite se mobiliser pour tenter d’éviter les amputations, en l’absence d’antibiotiques, et trouver un traitement efficace contre l’infection par un procédé chimique: la méthode Carrel Dakin. En 1917, on compte environ 60 % de blessures par éclats d’obus contre 40% de blessures par balles.
La Première Guerre mondiale voit aussi éclore des maladies psychologiques chez les soldats. De nombreux poilus sont atteints de troubles nerveux provoqués par l’atrocité des combats. C’est en 1914 -18 que se met en place la première médecine d’urgence psychiatrique. La psychiatrie de guerre n’en est qu’à ses balbutiements. »*

Sources :

Le Figaro / Le service de santé 1914-1918

« Putain de Guerre » Jacques Tardy

« Au revoir là-haut » Albert Dupontel 2017 d’apès le roman de Pierre Lemaître

 « L’éclat d’obus » Maurice Leblanc.