Y – Génération Y

Générations Y et Z la génération de mes filles nées entre 1990 et 1995

Les sociologues ont établi depuis 1925 une typologie des générations, on distingue ainsi :

  • La Génération silencieuse (1925-1942), loyauté et sens du devoir, ils ont vécus pendant les temps de guerre et les années de dépression.
  • Baby-boomer (1943 à 1959), accompagnement dans le travail, la Seconde Guerre mondiale se termine en 1945 par la victoire des alliés, elle laisse un fossé dans l’économie et la démographie de la plupart des pays d’Europe.
  • Génération X (1959 à 1977), recherche de défis et besoin d’apprendre, déclin de l’impérialisme post colonial, fin de la guerre froide.
  • Génération Y (1978 – 1994), coaching et rétroaction, les transformations morales des années 1960 – 1970 sont dépassées.
  • Génération Z (1995 – 2010) La nouvelle génération silencieuse ?
  • Génération Alpha (2010 – ?) la génération digitale.

Et avant 1925 ?…

…il n’y a pas un tel classement typologique des générations

Avant 1925 pour le généalogiste les ascendants sont classés par groupes, par strates, la classification est moins sociologique qu’historique en cela que l’on ne peut s’empêcher de mettre en parallèle la vie de nos ancêtres et le contexte historique et qu’il n’y a pas de différences « culturelles » fondamentales entre les générations

Les générations sont de plus en plus resserrées au fur et à mesure que l’on remonte le temps, l’espérance de vie diminuant et en même temps on a l’impression (c’est en tout cas ce que je ressens) que le temps s’arrête progressivement formant ainsi une formidable contraste avec l’accélération du monde contemporain.

Voici ma vision forcément subjective de mes ascendants :

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Les groupes 1 et 2 sont ceux de mes contemporains, mes parents issus de la génération silencieuse et moi de celle des baby-boomers.

Les membres du groupe 3 ont participé à la Grande Guerre et ont vécu les transformations profondes du début du XXe siècle.

Le XIXe siècle pour le groupe 4, le déplacement des campagnes vers les villes.

Les membres du groupe 5 sont nés pendant la Révolution française ils ont traversé une période politique dense et mouvementée.

Avant eux, pour les génération 6 et suivantes immersion dans les profondeurs de l’Histoire de France et de l’Ancien Régime.

Illustrations :

« Bienvenue à Gattaca » Andrew Niccol

« The time machine » George Pal

Sources :

Psycho ressources

France Inter – Vivement demain

 

 

U – Unions / Actes de mariage / Droit de la famille

Évolution du droit de la famille entre le Xème siècle et le XIXème siècle

L’acte de mariage reste la pierre angulaire des recherches du généalogiste, c’est l’acte qui permet avec un maximum de certitude, même si des erreurs peuvent rester possibles, de relier les ascendants entre eux et de s’assurer que « chacun est bien à sa place » et qu’il n’y a pas de confusion avec des homonymes. Du fait de la présence d’un homme et d’une femme identifiés notamment dans les actes de naissance des enfants, le risque d’erreur reste très marginal.

Mais quelle a été l’évolution de l’institution du mariage à partir des Capétiens ?

Entre le Xème et le XVème siècle :

Le pouvoir de l’église catholique est à son paroxysme. Le droit canonique consacre en 1140, notamment à travers les écrits de Gratien, « l’union de l’homme et de la femme qui établissent une communauté de vie entre eux ».

Le théologien Pierre Lombard distinguera en 1151 le « consentement du futur », les fiançailles, du  « consentement du présent » le mariage stricto sensu.

De fait, ce sont les relations sexuelles entre les époux qui portent accord matrimonial présent.

Une fois donné, le consentement échappe aux mariés, c’est le principe de l’indissolubilité et de l’irrévocabilité du mariage, sacrement d’origine divine. La cérémonie religieuse qui encadre le mariage assure la publicité de l’engagement et son caractère solennel.

Il y a également des empêchements au mariage qui sont clairement édictés :

  • Les empêchements dirimants qui annulent le mariage (l’âge entre 12 à 14 ans, l’impuissance…)
  • Les empêchements relatifs dirimants (parenté adoptive, adultère, rapt…)
  • Les empêchements prohibitifs qui eux toutefois ne remettent pas en cause le lien matrimonial (non publication des bans)

Du XVIème au XVIIIème siècle le pouvoir royal va progressivement remettre en cause le monopole de l’église, affirmant sa maîtrise du pouvoir temporel, le clergé étant ramené au niveau de l’exercice du pouvoir spirituel. Un processus de sécularisation du mariage s’engage.

L’église catholique doit également faire face à la réforme Protestante, qui concernant le mariage refuse de considérer le mariage comme un sacrement, c’est le pasteur qui crée le lien matrimonial. Les empêchements au mariages consacrés par la papauté sont ignorés.

La réaction catholique s’affirme au cours du Concile de Trente (1545-1563) qui confirme le sacrement du mariage et qui institue un formalisme, publication de bans, mariage célébré au sein de l’église par un Prêtre en présence de deux témoins.

Les Rois de France interviennent également à travers des édits et ordonnances, et veulent assurer le contrôle des mariages et reprendre le pouvoir des mains du clergé.

Henri III exige le consentement des pères et mères pour les mineurs, la publication de bans et la présence de 4 témoins (Ordonnance de Blois)

Henri IV oblige l’église à appliquer la législation Royale et notamment l’ordonnance de Blois.

Au XVIIème siècle, seul l’état est compétent en matière de législation, les tribunaux ecclésiastiques n’ont plus de compétences en la matière, le contrat civil est dissocié du sacrement.

Après la révolution de 1789 et jusqu’à nos jours, ce principe ne sera pas remis en cause, au contraire, les décrets des 17 et 21 Mars 1803 intégrés au Code Civil fixent les nouvelles règles du mariage.

Le mariage est sécularisé, il est prononcé par un Officier d’État Civil, en présence de 4 témoins et suite à deux publications de bans.

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Le mariage est en principe indissoluble, il consacre la famille comme étant la cellule de base de la société et à ce titre doit être sanctuarisé, la cérémonie religieuse est, elle, annexe, subordonnée, les sacrements du mariages n’ayant plus aucun effet civil ou juridique.

Illustrations :

Jean Luc Godard & Anna Karina – Mariage

Albert Auguste Fourie « Repas de noces à Yport »

Sources :

Histoire du droit de la famille. Marie Hélène Renant – Ellipses

P – Passementier

Alexandre Louis Charlemagne AULAGNIER 1819 – 1892 (Sosa 16)

L’industrie textile représentait en France un pan majeur de l’activité économique et industrielle du XIXe siècle avec 4.7 millions de travailleurs.

Filature et tissage en Bretagne, Coton en Normandie, Lin dans le Sud-Ouest…

La région Rhône-Alpes est depuis le XIXe siècle en pointe dans ce secteur avec un important marché aux toiles à Voiron (38), les lainages à Vienne (38), les broderies à Tarare (69) , le travail de la soie à Lyon, les moulinages en Ardèche… et la passementerie à Saint Étienne.

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Elle consiste en la confection de cordons, franges, liserés, dentelles et rubans destinés à l’embellissement des vêtements ou d’éléments d’architecture intérieure.

En fait l’activité liée à la passementerie à Saint Étienne est plus spécialement dédiée à la rubanerie.

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Elle se concentre sur les quartiers du Crêt de Roc et de Montaud.

Elle vient en complément des autres secteur phares du développement de la ville, la sidérurgie, la mine, les armes et les cycles.

Au plus fort de cette activité on comptait près de 7000 ouvriers qui travaillaient dans des usines au sein de la ville, alors que dans la région Lyonnaise concurrente elle tendait à investir plutôt les territoires péri urbains.

Sources :

Médiathèque de Saint-Etienne.fr

Saint Etienne tourisme

Wikipedia
La concentration dans l’industrie textile française au milieu du XIXe siècle Claude Fohlen / Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine

 

I – Indre et Loire (Tours)

Marie, Mélanie, Antoinette TOUSSAINT 1851 – 1934 (Sosa 13)

Antoinette Toussaint est née le 5 Octobre 1851 à 4 heures du matin à L’Houmeau en Charente Inférieure (La Charente Maritime de nos jours).

Située en face de l’ile de Ré, au Nord-Ouest de La Rochelle, la commune comptait environ 350 habitants en 1851.

Son père Antoine, né en 1804 à proximité à Nieul sur Mer était épicier, sa mère Magdelaine Guittet était née à Niort en 1809, Niort où il se sont mariés en 1830.

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Il décèdent à Tours, où ils semblent avoir vécu une grande partie de leur vie, à quelques jours d’intervalle, lui le 10 Février, elle le 2 Janvier 1880, d’une l’épidémie survenue pendant cette période (Variole, Typhoïde, Rougeole ?…).

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Antoinette a donc 28 ans lorsque ses parents décèdent, elle se marie le 24 Juillet 1880 avec Jules Alphonse Richer, un « forgeron en limes » veuf âgé de 38 ans qui habitait quelques rue plus loin (7 rue du vieux pont) que l’atelier de blanchisserie qu’elle avait ouvert à Tours, 3, Rue des Capucins à proximité des quais de la Loire et du Pont de Fil.

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En 1887 naitra mon grand-père Marcel Richer.

Pour une raison que j’ignore, la famille déménage dans la Loire pour s’établir au Chambon Feugerolles dans la vallée de l’Ondaine où Jules Richer exercera le métier de fondeur. Cette vallée située à l’Ouest de Saint Etienne était réputée pour ses forges et ses activités métallurgiques.

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Il décèdera le 19 Juin 1906 d’une commotion cérébrale, laissant sa femme et son fils agé de 19 ans.

Ils habiteront ensemble 136 rue de Roanne, trace est retrouvée sur le livret militaire de mon grand-père pour l’année 1910

Une vie mouvementée donc, qui l’aura conduite des berges de l’océan à la plaine du Forez avec une escale à Tours, il serait évidemment intéressant de connaître les raisons de ces déplacements qui différencient assez remarquablement sa vie de celle de mes autres ascendants qui sont eux restés vivre globalement dans la même région que leur parents.

H – Houilliers

Jacques DENIS 1837 – Sosa 38

« Dans la taille, le travail des haveurs avait repris. Souvent ils abrégeaient le déjeuner pour ne pas se refroidir, et leurs briquets, mangés aussi loin du soleil, avec une voracité muette, leur chargeaient de plomb l’estomac. Allongés sur le flanc, ils tapaient plus fort, ils n’avaient que l’idée fixe de compléter un gros nombre de berlines.

Tout disparaissait dans cette rage du gain disputé si durement. Ils cessaient de sentir l’eau qui ruisselait et enflait leurs membres, les crampes des attitudes forcées, l’étouffement des ténèbres où il blêmissaient ainsi que des plantes mises en cave.

Pourtant à mesure que la journée s’avançait, l’air s’empoisonnait davantage, se chauffait de la fumée des lampes, de la pestilence des haleines, de l’asphyxie du grisou gênant sur les yeux comme des toiles d’araignées, et que devait seul balayer l’aérage de la nuit.

Eux au fond de leur trou de taupe, sous le poids de la terre, n’ayant plus de souffle dans leurs poitrines embrasées tapaient toujours …» *

Émile Zola, Jules Verne et tant d’autres seront les témoins de la révolution industrielle et des bouleversement qu’elle opèrera au sein de la société occidentale et particulièrement en France au XIXe siècle.

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A l’origine il y a le charbon de bois dont le pouvoir énergétique sera vite supplanté par le charbon issu de la terre, la houille, offrant plus de potentiel énergétique et de nombreuses ressources à exploiter dans les sous-sols.

Le charbon permet la production de vapeur, le symbole de cette révolution étant le train qui permet « d’effacer les distances et de réduire le temps »

Le charbon qui alimentera les hauts fourneaux pour produire de l’acier pour construire des machines, des éléments de structures industrielles, de génie civil,…

Les bourgeoisies urbaines investiront pour construire mines et usines et feront appel à une main d’œuvre essentiellement issue des campagnes, cultivateurs et paysans , la classe ouvrière apparaît ainsi pendant que progressivement l’économie rurale et agricole s’atrophie avec la migration vers les villes de dizaines de milliers de paysans.

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Cela est tellement flagrant à la lecture de certaines branches de ma généalogie, notamment la branche Denis qui est le prétexte de cette réflexion.

Les conditions de travail de ces mineurs sont épouvantables et même inimaginables au prisme de nos vies contemporaines, moins de deux siècles plus tard.

Sources :

Emile Zola « Germinal » (*)

Pierrick Auger « les mineurs au XIXe siècle »

 Jules Verne :

Les Indes Noires

Les 500 millions de la Begum

 

G – Girard / les bateliers

Joseph et Michel GIRARD (Témoins de la naissance de Martin CORDONNIER –  Sosa 44)

Deux témoins, Mariniers de profession, à la naissance de Martin Cordonnier.

Une surprise pour moi, au milieu de tous ces ancêtres cultivateurs ou ouvriers pour la plupart de trouver cette profession, des mariniers… des marins d’eau douce en somme !!!

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Tous résident et vivent à Saint Just sur Loire (42) commune située à proximité de Saint Étienne sur la rive droite du fleuve. De l’autre côté on trouve la commune de Saint Rambert qui lui fait face (les deux communes seront regroupées en 1973 en Saint Just – Saint Rambert)

L’essor de la Batellerie est lié à partir du XVIIIe siècle à celui de l’exploitation minière. La voie fluviale est privilégiée pour transporter rapidement et en grandes quantités sur des « Rambertes » le charbon de Saint Etienne à Roanne en aval de la Loire qui avait, à cet endroit, été rendue navigable dés 1704.

Les Rambertes étaient des barques imposante à fond plat, avec une proue relevée et une poupe perpendiculaire à la ligne de flottaison ce qui augmentant la prise du courant du fleuve sur l’embarcation. Elles pouvaient embarquer jusqu’à 36 tonnes de charbon apportées par des petites berlines sur rails.

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On imagine la difficulté à manœuvrer de tels esquifs au sein de convois qui pouvaient une centaine de Rambertes avec chacune un équipage de 3 à 4  mariniers.

Ce métier était dangereux et en contrepartie bien rémunéré, un marinier gagnait en moyenne quatre fois plus qu’un ouvrier textile.

12 millions de tonnes de houille furent ainsi transportés. L’activité déclina jusqu’à disparaître au XIXe siècle avec la montée en puissance des trains. La création en 1853 de la « Compagnie des Chemins de fer de la jonction Rhône Loire » marqua le début de cette régression du transport fluvial au profit du ferroviaire et la disparition progressive d’une profession.

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Sources :

Forez – info Petite histoire de Saint Just sur Loire

 

C – Colomb

Marie Jeanne Laurentine COLOMB 1890 – 1973 (Sosa 7)

 » Le nom Colom est très fréquent en Catalogne. On le trouve aussi dans la région lyonnaise, tout comme la forme Colomb. Il peut s’agir d’un surnom désignant un éleveur de pigeons (latin columbus), éventuellement d’un sobriquet métaphorique, mais c’est aussi un ancien nom de baptême (Columbus) popularisé notamment par deux saints : un abbé irlandais et un moine des îles de Lérins, martyrisé par les Sarrasins au VIIIe siècle ».

Colomb est classé au 624ème rang des noms de famille en France – Source Généanet

Ma grand-mère est née à Saint-Héand dans la Loire, petit village limitrophe de Saint Etienne, aux portes des Monts du Lyonnais, qui domine la plaine du Forez.

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Son père Jean Émile Benoit était le boulanger du village, lui-même fils de Jean et petit-fils de Laurent, chef cantonnier et cultivateur également à Saint-Héand.

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Claude Marie Colomb

Sa mère, Marie Claudine Grataloup était originaire de la commune voisine de Fontanes.

Marie était la fille ainée d’une fratrie 3 enfants, elle-même, sa sœur Jeanne née en 1894 et son frère Claude Marie né en 1899.

Bien qu’étant ensuite allé habiter à Saint Etienne dans le quartier de Montaud, ses racines étaient à Saint-Héand  le village de son enfance où elle retournait régulièrement.

Petite commune rurale, Saint-Héand offre la particularité d’être le berceau de l’entreprise Angénieux, créée en 1935 par Pierre Angénieux,  concepteur de Zoom et grand angles utilisés notamment par la NASA pour l’expédition Apollo 11, en faisant la première optique photo à filmer et photographier le sol lunaire, mais également plébiscitée au sein de l’industrie cinématographique mondiale.

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Angénieux est aujourd’hui filiale de THALES, dont les zooms équipent la plupart des caméras des ingénieurs de la photo du monde entier notamment celle de Bruno Delbonnel le chef opérateur d’Alexander Sokourov, des frères Cohen ou encore de Tim Burton,

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… ou celle de Pierre William Glenn le chef opérateur de Claude Lelouch, Directeur du département images de la FEMIS.

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Le musée d’art et d’industrie de Saint-Étienne (http://www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr) a consacré en 2017 une exposition dédiée à ce fleuron de la technologie française qui pendant quelques jours à rapproché un village de la Loire du sol lunaire et qui lui fait également par ricochet  tutoyer les étoiles du Festival de Cannes.

 

Sources :

Généanet