J – Journal Officiel

Etienne, Joseph PORTAFAIX 1897 – 1972 

Etienne Portafaix a épousé ma grand mère, Lucie Sapey, le 25 Juillet 1969 à Valence (Drôme). Ce n’est pas pour moi  un ascendant direct par le sang, mais un lien d’affection fort nous liait, moi tout jeune garçon d’une famille réduite, mes parents enfants uniques comme je le suis également, et lui dont je garde l’image d’un érudit qui lisait chaque jour Le Monde « in extenso », passionné d’histoire, et humainement accessible et empathique.

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Donc l’idée de reconstituer un jour sa généalogie étant latente, j’ai commencé un peu en dilettante à reconstituer ce que fut sa vie, pour rapidement faire des découvertes en parfaite cohérence avec mes souvenirs de lui. Mais j’aurais sans doute l’occasion d’y revenir, un de mes projets étant de dresser les portraits croisés de mes « trois » grand pères.

Encore peu familier avec les recherches généalogiques, j’ai, en consultant la base Gallica, triuvé un article le concernant, lequel m’a renvoyé sur le Journal Officiel, lui aussi une source de trouvailles et de pistes à explorer dans le cadre de recherches généalogiques.

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Cela m’a donné l’envie de retracer dans les grandes lignes, l’histoire du JO, d’en savoir un peu plus sur ce journal dépositaire des lois et des nombreux décrets qui jalonne notre histoire, entre grande Histoire et histoire des français.

A l’origine, la première revue française, le « Mercure François ou l’histoire de notre temps » parait à partir de 1605.

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Puis, c’est sous Louis XIII, avec l’appui de Richelieu que Théophraste Renaudot crée la Gazette, qui deviendra à partir de Louis XV la Gazette de France.

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Cette parution bi-hebdomadaire retrace les évènements de la cour et du monde… Y sont retracés des évenements survenus en Europe, par exemple de Russie, de St Petersbourg « La navigation est interrompue par les glaces. Plusieurs batiments chargés de suif et de marchandises des manufactures angloises se trouvent pris dans la Newa dont la navigation n’a été ouverte cete année que 187 jours » (cf.supra)

Puis, le Bulletin des lois paraîtra le 4 décembre 1793 (14 frimaire an II) il sera le précurseur du Journal Officiel de la République française.

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Le Journal Officiel sera consacré par la IIIe République pour devenir le document de référence de la publication des lois et des décrets

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De nos jours, il est consultable uniquement en ligne sur le site internet Legifrance (https://www.legifrance.gouv.fr).

Le numérique a ainsi remplacé l’analogique… cette révolution que l’on constate dans tant de domaines apporte indéniablement de nombreux avantages, la facilité de consultation, de recherches, d’archivage… mais tout est il aussi simple et évident, j’y reviendrais dans un prochain billet du blog qui pourrait s’intituler « Analogique versus Numérique » !

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F – Filiation naturelle

Alphonse RICHER né le 11 Novembre 1813 (Sosa24)

Alphonse RICHER est né à Châteaudun (Eure et Loir) le 11 Novembre 1813 fils de Marie Françoise RICHER veuve de Pierre Claude VALLET décédé le 2 Mai 1812, 18 mois auparavant.

C’est dire que mathématiquement Pierre Claude VALLET ne pouvait être le père biologique…, et donc qu’il s’agit d’un enfant naturel qui portera donc  le patronyme de sa mère.

La présentation de l’enfant a été faite par le médecin accoucheur, le docteur Combettes dont on admirera la belle signature au bas de l’acte.

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C’est l’occasion de faire une courte synthèse de l’évolution du statut, forcément précaire, des enfants naturels, adultérins, incestueux ou abandonnés au regard du droit en partant de la période Romaine, statut qui a été aussi au centre d’une abondante littérature de Charles Dickens à Victor Hugo.

Pendant le Haut-Empire à Rome l’enfant naturel est rattaché à sa mère en vertu du principe « nul n’est bâtard par sa mère », le père peut demeurer inconnu cela n’entache en rien la filiation.

Sous l’influence du christianisme, cette conception tolérante et ouverte va être battue en brèche sous le Bas Empire, notamment pour les enfants incestueux et adultérins nés « d’une union condamnée » (ex damnato coitu)

Après la chute de l’empire Romain, l’église impose le mariage chrétien aux Francs.

La cellule familiale reste la structure de base de la société et tout ce qui a pu y porter atteinte sera combattu sans relâche et tout particulièrement les naissances hors mariage.

Cette conception rigoriste et exclusive sera la règle jusqu’à la Révolution Française, l’enfant naturel est un bâtard, un « enfant de bas » qui est écarté des successions selon la maxime « le frère écarte le bâtard ».

Si le législateur de 1789 ne traitera pas de cette question, il faudra attendre le décret du 12 brumaire an II qui déclare l’assimilation complète de l’enfant naturel à l’enfant légitime, ce décret étant par ailleurs rétroactif (rompant ainsi avec le principe de non rétroactivité de la règle de droit) ce qui sera une source on l’imagine de situations aussi inextricables que chaotiques…

Le Code Civil de 1804 opère un retour en arrière et affirme la supériorité de la filiation légitime.

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Il faudra attendre la IIIe République et le XXe siècle pour que le droit évolue enfin, mais progressivement, en faveur de l’assimilation des filiations légitimes et naturelles.

Sources :

Histoire du droit de la famille

Marie-Hélène Renaut

Ellipses

Gravure d’en-tête « Les Misérables » Henri Fescourt film muet de 1925 (Pathé Cinéma)

E – Espagnole (Grippe)

Anne CORDONNIER 1880-1921 (Sosa11)

Mon arrière grand mère, Anne CORDONNIER est décédée à 38 ans, en Janvier 1919 à Lyon, vraisemblablement de la grippe Espagnole.

Je suis arrivé à cette conclusion compte tenu d’une part de son jeune âge et d’autre part du fait que le nombre de décès enregistrés pendant cette période sur les registres de la ville de Lyon est stupéfiant, plusieurs dizaines par jour…

Parfois un événement historique transparait à travers la simple lecture d’archives.

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La « grippe Espagnole » est apparue en 1918, avec une première vague au printemps. C’était alors une épidémie sans conséquences notables en termes de santé, une grippe banale.

Mais le virus a muté à l’automne, et a causé une véritable hécatombe au plan mondial, raison pour laquelle on parle de pandémie.

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Les cimetières militaires sont remplis en 1918 de soldats non pas tombés sous les balles ennemies mais emportés en quelques jours par un virus souche H1N1, ce que l’on appelait alors une grippe infectieuse.

En France et en Allemagne en guerre les faits sont occultés, le gouvernement espagnol constatant la même propagation sur son sol  du virus attirera l’attention du monde ce qui vaudra à cette grippe d’être baptisée « espagnole ».

L’origine de la pandémie se situerait (c’est à mettre au conditionnel) au cœur des États Unis, au Kansas dans le comté de Haskell, les soldats Américains en assurant involontairement sa propagation. Toutefois des travaux récents contestent cette version, il y a donc semble t il encore matière à débat même si l’option d’une origine aux USA reste trés vraisemblable.

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En seulement 5 mois, un tiers de l’humanité va être contaminée, les 20-40 ans sont les plus touchés, on comptera au final entre 25 et 50 millions de morts.

C’est 5 fois plus que les morts liés à la guerre !

Le port du masque de protection se répand, pendant plusieurs mois la vie s’arrête.

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L’épidémie n’épargnera persone, ni les soldats ni les poètes… 9 Novembre 1918, affaibli par une blessure à la tempe causée par un éclat d’obus en 1916, trépané et affaibli, Guillaume Apollinaire décède sur un lit d’hôpital, deux jours avant la signature de l’armistice…

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Sources :

Reportage France 3 06/04/2018

Le Figaro Santé Pauline Fréour 29/04/2014

D – Dardanelles (Les)

Joseph AULAGNIER 1894-1935 (Sosa 4) 

« My only consolation for the failure of the Dardanelles was that God wished things to be prolonged in order to sicken mankind of war, and that therefore he had interfered with a project that would have brought the war to a speedier conclusion » Winston Churchill.

« Ma seule consolation concernant l’échec des Dardanelles était que Dieu souhaitait que les choses se prolongent afin de rendre malade l’humanité de la guerre et qu’ainsi, il se soit immiscé dans un projet qui aurait pu conduire la guerre à une conclusion plus rapide »

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Mon Grand Père Joseph Aulagnier fut détaché aux armées d’Orient du 26 Avril 1915 au 29 Décembre 1915 au sein du 175e Régiment d’Infanterie. Il a été blessé à la face à Sedd Ul Bahr le 3 Juin 1915 par un éclat d’obus, non évacué il a été nommé Caporal le 2 Juillet 1915 et son régiment a été rapatrié en métropole en Décembre de la même année.

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En 1915, la Russie était en guerre contre l’Empire Ottoman. Le détroit des Dardanelles relie la Mer Egée à la Mer de Marmara qui elle-même communique avec la Mer Noire par le Bosphore. C’est un axe de communication stratégique par lequel la France et l’Angleterre pouvait porter assistance au plan naval à leur allié Russe.

Winston Churchill alors ministre de la Marine organise avec la France, l’Australie et la Nouvelle Zélande une expédition navale pour aller pilonner par voie maritime la presqu’ile de Gallipoli qui borde le détroit et pour y déposer ensuite des troupes combattantes qui devront sécuriser la zone. L’expédition navale suivie d’un débarquement de troupes terrestres se soldera par un échec sanglant.

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La France a détaché le Général de Brigade Henri Gouraud pour commander le corps expéditionnaire français et les anglais Sir Ian Hamilton qui commande également des détachements Australiens et Néo-Zélandais.

Du coté Turc, le Colonel Mustapha Kemal débute la campagne des Dardanelles, il commande, sous les ordres du général Allemand Otto Liman von Sanders, la 19ème division d’infanterie turc qui défendra victorieusement la presqu’île de Gallipoli et rejettera les alliés à la mer. La légende d’Atatürk, le père des Turcs est née !

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Les forces en présence se répartissaient comme suit  :

  • France 70.000 hommes
  • Angleterre, Australie et Nouvelle Zélande 300.000 hommes
  • Empire Ottoman 300.000 hommes

« Le Corps d’armée australien et néo-zélandais est connu sous le nom d’ANZAC, Australian and New Zealand Army Corps. Au total, 8 709 soldats de l’Anzac périssent et 19 441 sont blessés. Cette défaite marquera à jamais les toutes jeunes nations que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, respectivement devenues autonomes en 1901 et 1907 (mais demeurant toutefois dominions de l’Empire britannique). Les Anzacs y acquièrent une réputation d’audace, de bravoure et de camaraderie. Beaucoup considèrent que c’est l’identité nationale australienne qui naît avec cette bataille. En 1921, le gouvernement australien décide de commémorer ce sacrifice majeur en instituant le 25 avril comme journée nationale »(1).

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Il y aura au final 500.000 morts, après avoir fait le constat de l’échec de cette campagne, les forces Françaises seront rapatriées en Décembre 1915 en métropole, la guerre ne faisait que commencer…

Source :

(1) ANZAC Source Somme 14-18

Frédérick Gersal France 2 Télématin 22 Avril 2015