Jules Richer / Forgeron en limes

Jules RICHER 1841 – 1906 (Sosa 12)

Toujours l’acier au cœur de la révolution industrielle, cet alliage de fer et de carbone dont la maîtrise sera acquise au XIXe siècle et sans lequel « …que seraient les outils, les machines à vapeur, le réseau ferré, les ponts, les superstructures des grands magasins et des halles modernes… utilisé (aussi) dans l’armement, dans les moteurs à vapeur et à essence, l’acier devient un matériaux stratégique » (*)

800px-La_fragua

« La forge » Peinture de Francisco de Goya

Jules Richer est lui forgeron en limes, la définition de ce métier serait aujourd’hui sans doute coutelier. Peu d’éléments trouvés sur sa biographie et sur son activité professionnelle à Tours. Ce m’est apparu comme emblématique est le fait qu’à coté des mineurs et des ouvriers textiles parmi mes ascendants, il vient compléter la trilogie qui a jeté au XIXe siècle les bases de la révolution industrielle.

artfichier_779280_7533550_201801103257922

Il quittera Tours pour venir s’installer dans la Loire, au Chambon Feugerolles. La métallurgie y est apparue dans la seconde moitié du XIXe siècle avec l’installation des usines Crozet-Fourneyron, Claudinon, Chambert puis pendant la Guerre de 1914-1918 celles de Forges et Camargue qui produisait des aciers spéciaux.

thumb.ashx

Les fabrications étaient assez variées : limes, pièces forgées ou moulées, éléments pour l’armement, outils…

En 1880 la ville recensait 480 métallurgistes, environ 1 000 ouvriers de forge et 900 pour la taille des limes.

Sources :

Wikipedia

(*) Gérard Hartmann « L’acier historique »

E – Espagnole (Grippe)

Anne CORDONNIER 1880-1921 (Sosa11)

Mon arrière grand mère, Anne CORDONNIER est décédée à 38 ans, en Janvier 1919 à Lyon, vraisemblablement de la grippe Espagnole.

Je suis arrivé à cette conclusion compte tenu d’une part de son jeune âge et d’autre part du fait que le nombre de décès enregistrés pendant cette période sur les registres de la ville de Lyon est stupéfiant, plusieurs dizaines par jour…

Parfois un événement historique transparait à travers la simple lecture d’archives.

fullsizeoutput_a77

La « grippe Espagnole » est apparue en 1918, avec une première vague au printemps. C’était alors une épidémie sans conséquences notables en termes de santé, une grippe banale.

Mais le virus a muté à l’automne, et a causé une véritable hécatombe au plan mondial, raison pour laquelle on parle de pandémie.

fullsizeoutput_a7a

Les cimetières militaires sont remplis en 1918 de soldats non pas tombés sous les balles ennemies mais emportés en quelques jours par un virus souche H1N1, ce que l’on appelait alors une grippe infectieuse.

En France et en Allemagne en guerre les faits sont occultés, le gouvernement espagnol constatant la même propagation sur son sol  du virus attirera l’attention du monde ce qui vaudra à cette grippe d’être baptisée « espagnole ».

L’origine de la pandémie se situerait (c’est à mettre au conditionnel) au cœur des États Unis, au Kansas dans le comté de Haskell, les soldats Américains en assurant involontairement sa propagation. Toutefois des travaux récents contestent cette version, il y a donc semble t il encore matière à débat même si l’option d’une origine aux USA reste trés vraisemblable.

2018_16_spanish_flu

En seulement 5 mois, un tiers de l’humanité va être contaminée, les 20-40 ans sont les plus touchés, on comptera au final entre 25 et 50 millions de morts.

C’est 5 fois plus que les morts liés à la guerre !

Le port du masque de protection se répand, pendant plusieurs mois la vie s’arrête.

U107298INP

L’épidémie n’épargnera persone, ni les soldats ni les poètes… 9 Novembre 1918, affaibli par une blessure à la tempe causée par un éclat d’obus en 1916, trépané et affaibli, Guillaume Apollinaire décède sur un lit d’hôpital, deux jours avant la signature de l’armistice…

l-fadc112f82a0e54bf12cfb6d1fac57b4

 

Sources :

Reportage France 3 06/04/2018

Le Figaro Santé Pauline Fréour 29/04/2014

D – Dardanelles (Les)

Joseph AULAGNIER 1894-1935 (Sosa 4) 

« My only consolation for the failure of the Dardanelles was that God wished things to be prolonged in order to sicken mankind of war, and that therefore he had interfered with a project that would have brought the war to a speedier conclusion » Winston Churchill.

« Ma seule consolation concernant l’échec des Dardanelles était que Dieu souhaitait que les choses se prolongent afin de rendre malade l’humanité de la guerre et qu’ainsi, il se soit immiscé dans un projet qui aurait pu conduire la guerre à une conclusion plus rapide »

fullsizeoutput_a53

Mon Grand Père Joseph Aulagnier fut détaché aux armées d’Orient du 26 Avril 1915 au 29 Décembre 1915 au sein du 175e Régiment d’Infanterie. Il a été blessé à la face à Sedd Ul Bahr le 3 Juin 1915 par un éclat d’obus, non évacué il a été nommé Caporal le 2 Juillet 1915 et son régiment a été rapatrié en métropole en Décembre de la même année.

fullsizeoutput_a66

En 1915, la Russie était en guerre contre l’Empire Ottoman. Le détroit des Dardanelles relie la Mer Egée à la Mer de Marmara qui elle-même communique avec la Mer Noire par le Bosphore. C’est un axe de communication stratégique par lequel la France et l’Angleterre pouvait porter assistance au plan naval à leur allié Russe.

Winston Churchill alors ministre de la Marine organise avec la France, l’Australie et la Nouvelle Zélande une expédition navale pour aller pilonner par voie maritime la presqu’ile de Gallipoli qui borde le détroit et pour y déposer ensuite des troupes combattantes qui devront sécuriser la zone. L’expédition navale suivie d’un débarquement de troupes terrestres se soldera par un échec sanglant.

IMG_0144.jpg

La France a détaché le Général de Brigade Henri Gouraud pour commander le corps expéditionnaire français et les anglais Sir Ian Hamilton qui commande également des détachements Australiens et Néo-Zélandais.

Du coté Turc, le Colonel Mustapha Kemal débute la campagne des Dardanelles, il commande, sous les ordres du général Allemand Otto Liman von Sanders, la 19ème division d’infanterie turc qui défendra victorieusement la presqu’île de Gallipoli et rejettera les alliés à la mer. La légende d’Atatürk, le père des Turcs est née !

f089b3f5045557f987b5ce90c3ea0609786fcd0e

Les forces en présence se répartissaient comme suit  :

  • France 70.000 hommes
  • Angleterre, Australie et Nouvelle Zélande 300.000 hommes
  • Empire Ottoman 300.000 hommes

« Le Corps d’armée australien et néo-zélandais est connu sous le nom d’ANZAC, Australian and New Zealand Army Corps. Au total, 8 709 soldats de l’Anzac périssent et 19 441 sont blessés. Cette défaite marquera à jamais les toutes jeunes nations que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, respectivement devenues autonomes en 1901 et 1907 (mais demeurant toutefois dominions de l’Empire britannique). Les Anzacs y acquièrent une réputation d’audace, de bravoure et de camaraderie. Beaucoup considèrent que c’est l’identité nationale australienne qui naît avec cette bataille. En 1921, le gouvernement australien décide de commémorer ce sacrifice majeur en instituant le 25 avril comme journée nationale »(1).

1267

Il y aura au final 500.000 morts, après avoir fait le constat de l’échec de cette campagne, les forces Françaises seront rapatriées en Décembre 1915 en métropole, la guerre ne faisait que commencer…

Source :

(1) ANZAC Source Somme 14-18

Frédérick Gersal France 2 Télématin 22 Avril 2015