Q – Quatorze (La paysannerie sous Louis XIV)

Mathieu AULHANIER (Sosa 532) épouse Clauda LARDON (Sosa 533) en 1695

La branche des AULAGNIER (AULANIER, AULHANIER…), en l’état de mes recherches semble trouver son origine géographique en Haute-Loire, plus précisément à Tence au lieu-dit de Costerousse.

Leur vie quotidienne était-elle conforme à cette représentation, mise en tête de publication, de Louis Le Nain de 1642 « Famille de paysans dans un intérieur » conservée au musée du Louvre ?

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Mathieu AULHANIER était ménager…

Wikipédia donne une définition de ménager tirée du Dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver, Fayard 2006

Le paysan ménager (féminin ménagère) de ses biens est un propriétaire moyen produisant de quoi vivre pour lui et sa famille mais moins riche que le paysan laboureur et possédant entre cinq et quarante hectares, éventuellement une paire de bœufs. Il y en a deux ou trois par village. Il ne vendait sur les marchés que la plus faible partie de sa récolte.

On peut donc considérer qu’il était autosuffisant au plan de l’alimentation de sa famille, mais sans doute directement impacté en cas de mauvaise récolte du fait d’intempéries.

Les condition de vie étaient donc rudes, l’hygiène sans doute assez sommaire, et on imagine avec difficulté dans les veillées au coin du feu des coiffes immaculée et des instruments de musique…

« L’idéalisme rustique qui émane des œuvres des frères Le Nain ne reflète sans doute pas la réalité de la condition paysanne dans ses couches les plus modestes.

Journaliers et saisonniers, qui constituent la majorité de la population rurale, habitent le plus souvent une humble mais honnête chaumière de pierre ou de torchis, couverte de roseaux. A l’intérieur, une seule pièce, chauffée par une cheminée, communique avec l’étable. Le sol est de terre battue. Autour s’étendent la cour, avec ses volailles et son tas de fumier, la mare et un lopin de terre, avec des cultures de choux, de fèves et quelques arbres fruitiers.

L’espérance de vie ne dépasse pas 25 ans

Le mobilier est des plus simples : une table, deux bancs ; une couchette de bois avec un grossier matelas de paille, où l’on dort à plusieurs, des couvertures, pas toujours de draps ni de couettes. Pas d’armoire ni de buffet, mais deux ou trois coffres, où l’on serre un peu de nourriture et ses nippes, robes, sarraus, tabliers, vieux vêtements usés ou rapiécés, rarement lavés. Des baquets permettent de faire de temps à autre la vaisselle : marmites, pots de terre ou de fonte, assiettes, écuelles de bois ou de terre, couteaux (il n’y a pas de fourchettes). La femme travaille non seulement au foyer et au jardin familial, mais aide aussi son mari dans les champs. »*

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En lisant ces lignes, les images du film de Bela Tarr Le Cheval de Turin « A Torinói ló »  me reviennent à l’esprit. Ce film apocalyptique décrit en une dizaine de plans séquence la vie quotidienne d’un cheval, d’un paysan (d’un ménager) et de sa fille. Nous sommes en 1889, le point de départ du film est un fait réel (1), mais nous pourrions tout aussi bien, compte tenu du dénuement des personnages et de leur environnement, être deux siècles plus tôt. Rien n’a changé ici… Nous sommes plongés au coeur d’un monde rural qui n’a présenté aucune aspérité à la modernité.

(1) Le 3 Janvier 1889, à Turin, Friedrich Nietzsche assiste à une scène au cours de laquelle un cocher brutalise son cheval qui est exténué. Nietzsche révolté se jette au cou du cheval pour le protéger, la scène est si violente que l’on date le début de la démence du philosophe de cet instant. Le film de Béla Tarr raconte la vie du cheval à partir de ce moment.

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Sources :

« La France de Louis XIV, pays de contraste »

Jean-Christian PETITFILS Le Figaro 15/10/2007

Dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver, Fayard 2006

P – Passementier

Alexandre Louis Charlemagne AULAGNIER 1819 – 1892 (Sosa 16)

L’industrie textile représentait en France un pan majeur de l’activité économique et industrielle du XIXe siècle avec 4.7 millions de travailleurs.

Filature et tissage en Bretagne, Coton en Normandie, Lin dans le Sud-Ouest…

La région Rhône-Alpes est depuis le XIXe siècle en pointe dans ce secteur avec un important marché aux toiles à Voiron (38), les lainages à Vienne (38), les broderies à Tarare (69) , le travail de la soie à Lyon, les moulinages en Ardèche… et la passementerie à Saint Étienne.

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Elle consiste en la confection de cordons, franges, liserés, dentelles et rubans destinés à l’embellissement des vêtements ou d’éléments d’architecture intérieure.

En fait l’activité liée à la passementerie à Saint Étienne est plus spécialement dédiée à la rubanerie.

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Elle se concentre sur les quartiers du Crêt de Roc et de Montaud.

Elle vient en complément des autres secteur phares du développement de la ville, la sidérurgie, la mine, les armes et les cycles.

Au plus fort de cette activité on comptait près de 7000 ouvriers qui travaillaient dans des usines au sein de la ville, alors que dans la région Lyonnaise concurrente elle tendait à investir plutôt les territoires péri urbains.

Sources :

Médiathèque de Saint-Etienne.fr

Saint Etienne tourisme

Wikipedia
La concentration dans l’industrie textile française au milieu du XIXe siècle Claude Fohlen / Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine

 

O – Obus (L’éclat d’obus)

Mes grands-parents, Joseph AULAGNIER (Sosa 4) et Marcel RICHER (Sosa 6) blessés tous deux par un éclat d’obus pendant la guerre de 14-18.

« Si je vous disais que je me suis trouvé en face de lui, jadis, sur le territoire même de la France !

Élisabeth regarda Paul Delroze avec l’expression de tendresse d’une jeune mariée pour qui le moindre mot de celui qu’elle aime est un sujet d’émerveillement.

— Vous avez vu Guillaume II en France ? dit-elle.

— De mes yeux vu, et sans qu’il me soit possible d’oublier une seule des circonstances qui ont marqué cette rencontre. Et cependant il y a bien longtemps… »

« L’éclat d’obus » paru en 1916 est un roman patriotique de Maurice Leblanc dont l’action se situe au cœur de la grande Guerre.

Son titre est révélateur d’une sombre réalité, le nombre très élevé de blessés par éclats d’obus (60% des blessures au front cf. infra), mes grands parents en étant l’exemple, l’un, Marcel, ayant été blessé à la cuisse et l’autre, Joseph, au visage.

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« Au revoir là-haut » un autre roman, celui-ci de Pierre Lemaitre paru le 21 août 2013 aux éditions Albin Michel, et adapté au cinéma par Albert Dupontel, trouve son point de départ dans les tranchées avec son personnage principal qui réchappera d’un bombardement allemand mais deviendra une « gueule cassée » comme de nombreux autres combattants.

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Si mes grands-parents ont dû faire face à des blessures légères, ce ne fut malheureusement pas le cas de nombreux soldats, défigurés ou emportés par le manque d’hygiène dans les tranchées qui favorisait le développement de terribles infections.

« La guerre de 1914 marque un tournant dans la médecine.

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L’émergence de nouvelles armes beaucoup plus efficaces et les conditions sanitaires et d’hygiène des soldats entrainent l’apparition de blessures nouvelles.

Les plaies par éclats d’obus, grenades, balles mitrailleuses provoquent des entailles à orifices larges où les tissus sont déchirés, et les muscles broyés.

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La complication la plus redoutable des plaies de guerre est la gangrène gazeuse: les lésions profondes sont contaminées par des bactéries qui vont produire des gaz. La gangrène gazeuse se développe plus spécifiquement aux blessures des membres inférieurs. Cette pathologie entraîne l’amputation ou la mort dans bien des cas.

Les autorités médicales vont vite se mobiliser pour tenter d’éviter les amputations, en l’absence d’antibiotiques, et trouver un traitement efficace contre l’infection par un procédé chimique: la méthode Carrel Dakin. En 1917, on compte environ 60 % de blessures par éclats d’obus contre 40% de blessures par balles.
La Première Guerre mondiale voit aussi éclore des maladies psychologiques chez les soldats. De nombreux poilus sont atteints de troubles nerveux provoqués par l’atrocité des combats. C’est en 1914 -18 que se met en place la première médecine d’urgence psychiatrique. La psychiatrie de guerre n’en est qu’à ses balbutiements. »*

Sources :

Le Figaro / Le service de santé 1914-1918

« Putain de Guerre » Jacques Tardy

« Au revoir là-haut » Albert Dupontel 2017 d’apès le roman de Pierre Lemaître

 « L’éclat d’obus » Maurice Leblanc.

N- Notaires

Me PIEGAY (Saint Héand – Loire) & Me PASSEMARD (Fontanes – Loire) / Mariage COLOMB – GRATALOUP

Caricaturiste du journal éponyme «la caricature »  fondé en 1830, et dans lequel Honoré de Balzac écrivait, Daumier a dépeint le monde des magistrats et des professions juridiques avec férocité…

Les Notaires, si ils n’interviennent pas au niveau de l’état civil, prérogative régalienne, sont en arrière-plan, omniprésents, pour enregistrer et organiser la transmission des patrimoines dans le cadre du mariage et des successions.

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Le généalogiste sait bien que leurs minutes sont de précieux auxiliaires pour leurs travaux !

Mais qu’en est-il des racines historiques de cette profession ?

Leur apparition intervient au IIIe siècle à Rome, puis on assiste à l’extension à la Gaule de scribes en charge du recensement des terres en vue d’assurer le règlement des impôts fonciers.

Il faudra attendre la fin du Moyen-Âge et du système féodal pour arriver aux règnes de Saint Louis et Philippe le Bel, qui ont œuvré au renforcement du pouvoir royal et à la constitution d’un état puissant et incontesté, pour que la fonction notariale irrigue l’ensemble de la France.

Avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts François Ier institue l’usage du français et non plus du latin pour la rédaction des actes.

La Révolution ne changera rien au système en place, et Bonaparte Ier Consul par la loi du 25 Ventôse an XI créera le statut des Notaires dont les principes de fonctionnement (vénalité des charges) restent d’actualité.

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Création le 2 Novembre 1945 du Conseil des Notaires, dernier acte à la structuration de la profession.

L’examen de l’acte de mariage du 9 Mai 1889 en double minutes d’Émile Benoit Colomb, cultivateur et de son épouse Marie Claudine Grataloup laisse apparaître que le Notaire, après avoir procédé à l’inventaire détaillé  des patrimoines des futurs conjoints indique la nature du régime matrimonial retenu, la communauté de biens réduite aux acquêts (art 1498 et 1499 du code civil), et fixe les conditions de la dissolution en cas de décès d’un des conjoints.

L’acte qui sera enregistré est formalisé sur deux feuilles de papier timbré à 1,50 francs.

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Illustration d’en tête : Honoré Daumier

Sources :

Notaires de France

M – Montaud

Marie COLOMB (Sosa 7) Camille Clément Marcel RICHER (Sosa 6) Jeannine RICHER (Sosa 3)

« We leave the place we love, then spend a lifetime trying to regain it… Come closer now and see your dreams. Come closer now and see mine. » – Terence Davies « Of time and the city »

« Nous quittons l’endroit que nous aimons, puis nous passons toute notre vie à essayer de le récupérer. Rapprochez-vous maintenant et voyez vos rêves. Approchez-vous maintenant et voyez le mien ».

Le quartier de Montaud est celui dans lequel à Saint Etienne entre 1913 et 1976 ma mère et ses parents ont vécu. Plus qu’un quartier de Saint Étienne c’est un village dans la ville avec son rythme propre et son identité très affirmée, une lumière tamisée un peu grise, une odeur particulière de charbon qui s’imposait à moi à chaque arrivée lors des visites rituelles et mensuelles à mes grands-parents…

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Bien peu d’animation dans cette rue de la Visitation où il résidaient après avoir quitté dans les hauteurs de Montaud l’avenue Jacquemont. La vie commençait à l’arrêt du tram de la Place Carnot, et en même temps l’impression d’être comme hors du temps, à l’abri…

Au coeur du quartier, dans le square Girodet, l’église, centre de gravité du quartier pour ma grand mère qui n’aurait jamais raté la première messe.

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Montaud (Monte alto) est une ancienne commune française de la Loire, située sur une colline au Nord-Ouest de Saint Étienne délimitée au sud par le quartier de Beaubrun.

Elle a été créée pendant la Révolution française et sera rattachée à Saint Étienne en 1855.

Au XIXe siècle Montaud était le quartier des Passementier-rubaniers, avec également une activité minière avec  13 puits de mine et notamment l’exploitation du puits Sainte Marie

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Aujourd’hui Montaud est un quartier résidentiel, qui compte environ 11.000 habitants sur un total de 170.000 habitants pour le total de l’agglomération stéphanoise.

Sources :

Wikipedia / Montaud

L – Livrets

Livrets de famille / Livrets catholiques

En Mai 1871, pendant la commune de Paris, un incendie détruit l’ensemble des registres d’état civil de Paris. Suite à ce désastre, Jules Simon Ministre de l’intérieur de la IIIe République, par un décret du 18 Mars 1877 instituera la création et l’usage du Livret de famille :

«les livrets de famille constitueront en quelques sortes un troisième dépôt des actes d’état civil confié à la garde des intéressés et seront une source de renseignements précieux pour le cas où les registres viendraient à être détruits»

J’ai en ma possession un livret de famille de 1889, alors assez simplifié, avec l’état civil des parents et de leurs enfants, sans annexe particulière.

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Un autre de 1920 est intéressant en ce qu’il contient des recommandations concernant les nouveaux nés réparties en huit chapitres, à savoir :

  • Prévention de la cécité infantile
  • Mortalité des enfants
  • Allaitement naturel
  • Allaitement artificiel
  • Sevrage
  • Hygiène du premier âge
  • Hygiène du logement
  • Maladies contagieuses

Ces « annexes » disparaissent ensuite dans les éditions plus récents (1950 et plus)

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Lors du mariage religieux est délivré un livret de famille catholique qui, bien que n’ayant aucune valeur juridique particulière, reprend les éléments d’état civil en précisant pour les enfants les noms de leurs parrains et marraines.

En propos liminaire de celui en ma possession et appartenant à mes grands-parents maternels, figurent une citation du Pape Léon XIII (Pape de 1878 à 1903) particulièrement révélatrice de la doctrine de l’église de cette époque ;

« La famille est le berceau de la société civile, et c’est en grande partie dans l’enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des états. Aussi bien ceux qui veulent en finir avec les institutions chrétiennes s’efforcent-ils de s’attaquer aux racines mêmes de la famille et de la corrompre précisément dans ses plus tendres rejetons »

C’est dans l’enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des états… le temporel n’est jamais trés loin du spirituel…

K – Kafkaïen / Généalogie de Joseph Sapey

Joseph Henry SAPEY 1836 – 1900 (Sosa 20) & Séraphie PAIRE FICOUT 1839 – ? ( Sosa 21)

Tout commence de manière très banale avec l’acte de naissance de Henri Régis Emile SAPEY du 29 Août 1871 à Retournac (Haute Loire), fils de Joseph Sapey 34 ans employé aux chemins de fer et de Séraphie Perdifico.

Joseph Sapey avait 34 ans lors de la naissance de son fils, il a donc dû naître vers 1837 et se marier entre 1855 et 1871… je me lance donc à sa recherche, à priori cela semble plutôt simple…

Pour remonter la généalogie de cette branche, je recherche d’abord l’acte de mariage des parents, Joseph et Séraphie, évidemment dans un premier temps à Retournac, et, je ne trouve rien !

Qu’à cela ne tienne, dans la mesure où le mariage du fils est intervenu en 1898 à Saint Just sur Loire (Loire) je cherche alors dans cette commune… toujours rien.

Le père étant « employé aux chemins de fers » j’oriente alors ma recherche pour le mariage sur les communes autour de la ligne PLM, Le Puy, Yssingeaux, Saint Etienne… aucune trace.

Je m’oriente alors plutôt vers la recherche de l’acte de naissance, et fini par trouver un Joseph Sapey né à Lyon en 1837 à l’hôpital de la Charité de père inconnu et de Benoite Rose Sapey. Victoire enfin !!!

… mais je dois vite me résoudre à abandonner cette piste, cet enfant ayant été placé en famille d’accueil en Isère dans la région de La Verpillère, est décédé en bas âge…

Une nouvelle piste à explorer alors, l’épouse Séraphie Perdifico ! Avec un nom de famille aussi atypique, cela va être facile ! Une origine espagnole ou italienne ?

Et là c’est le brouillard total, rien nulle part, Généanet est muet, Filae également, le nom n’apparaît jamais !

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Je demande alors à Sophie Boudarel, »La Gazette des Ancêtres » de m’aider à trouver une piste.

Elle débloque la recherche en lançant dans Généanet une requête sur le couple mais en indiquant uniquement le prénom de l’épouse, prénom peu courant au demeurant. Et miracle, un mariage entre un Joseph Henry Sapey et une Marthe Séraphie Paire Ficout (Paire dit Ficout, Perdifico… ?) apparaît à Têche en Isère..

Cette piste sera ensuite remontée et vérifiée par elle et je découvre que Joseph Henry Sapey était en fait né en Isère à Saint Vérand… bien au delà de la Haute Loire et de la Loire !

Je cherchais dans la mauvaise direction… et parfois une recherche internet élargie permet d’avancer lorsque l’on est bloqué. Et puis surtout les généalogistes professionnels sont de bon conseil lorsque l’on est dans une impasse ! Encore un immense merci à Sophie !

Photo d’en tête : Le Procès- Orson Welles (1962) – d’après le livre éponyme de Franz Kafka

Sources :

La gazette des ancêtres

J – Journal Officiel

Etienne, Joseph PORTAFAIX 1897 – 1972 

Etienne Portafaix a épousé ma grand mère, Lucie Sapey, le 25 Juillet 1969 à Valence (Drôme). Ce n’est pas pour moi  un ascendant direct par le sang, mais un lien d’affection fort nous liait, moi tout jeune garçon d’une famille réduite, mes parents enfants uniques comme je le suis également, et lui dont je garde l’image d’un érudit qui lisait chaque jour Le Monde « in extenso », passionné d’histoire, et humainement accessible et empathique.

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Donc l’idée de reconstituer un jour sa généalogie étant latente, j’ai commencé un peu en dilettante à reconstituer ce que fut sa vie, pour rapidement faire des découvertes en parfaite cohérence avec mes souvenirs de lui. Mais j’aurais sans doute l’occasion d’y revenir, un de mes projets étant de dresser les portraits croisés de mes « trois » grand pères.

Encore peu familier avec les recherches généalogiques, j’ai, en consultant la base Gallica, triuvé un article le concernant, lequel m’a renvoyé sur le Journal Officiel, lui aussi une source de trouvailles et de pistes à explorer dans le cadre de recherches généalogiques.

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Cela m’a donné l’envie de retracer dans les grandes lignes, l’histoire du JO, d’en savoir un peu plus sur ce journal dépositaire des lois et des nombreux décrets qui jalonne notre histoire, entre grande Histoire et histoire des français.

A l’origine, la première revue française, le « Mercure François ou l’histoire de notre temps » parait à partir de 1605.

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Puis, c’est sous Louis XIII, avec l’appui de Richelieu que Théophraste Renaudot crée la Gazette, qui deviendra à partir de Louis XV la Gazette de France.

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Cette parution bi-hebdomadaire retrace les évènements de la cour et du monde… Y sont retracés des évenements survenus en Europe, par exemple de Russie, de St Petersbourg « La navigation est interrompue par les glaces. Plusieurs batiments chargés de suif et de marchandises des manufactures angloises se trouvent pris dans la Newa dont la navigation n’a été ouverte cete année que 187 jours » (cf.supra)

Puis, le Bulletin des lois paraîtra le 4 décembre 1793 (14 frimaire an II) il sera le précurseur du Journal Officiel de la République française.

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Le Journal Officiel sera consacré par la IIIe République pour devenir le document de référence de la publication des lois et des décrets

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De nos jours, il est consultable uniquement en ligne sur le site internet Legifrance (https://www.legifrance.gouv.fr).

Le numérique a ainsi remplacé l’analogique… cette révolution que l’on constate dans tant de domaines apporte indéniablement de nombreux avantages, la facilité de consultation, de recherches, d’archivage… mais tout est il aussi simple et évident, j’y reviendrais dans un prochain billet du blog qui pourrait s’intituler « Analogique versus Numérique » !

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I – Indre et Loire (Tours)

Marie, Mélanie, Antoinette TOUSSAINT 1851 – 1934 (Sosa 13)

Antoinette Toussaint est née le 5 Octobre 1851 à 4 heures du matin à L’Houmeau en Charente Inférieure (La Charente Maritime de nos jours).

Située en face de l’ile de Ré, au Nord-Ouest de La Rochelle, la commune comptait environ 350 habitants en 1851.

Son père Antoine, né en 1804 à proximité à Nieul sur Mer était épicier, sa mère Magdelaine Guittet était née à Niort en 1809, Niort où il se sont mariés en 1830.

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Il décèdent à Tours, où ils semblent avoir vécu une grande partie de leur vie, à quelques jours d’intervalle, lui le 10 Février, elle le 2 Janvier 1880, d’une l’épidémie survenue pendant cette période (Variole, Typhoïde, Rougeole ?…).

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Antoinette a donc 28 ans lorsque ses parents décèdent, elle se marie le 24 Juillet 1880 avec Jules Alphonse Richer, un « forgeron en limes » veuf âgé de 38 ans qui habitait quelques rue plus loin (7 rue du vieux pont) que l’atelier de blanchisserie qu’elle avait ouvert à Tours, 3, Rue des Capucins à proximité des quais de la Loire et du Pont de Fil.

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En 1887 naitra mon grand-père Marcel Richer.

Pour une raison que j’ignore, la famille déménage dans la Loire pour s’établir au Chambon Feugerolles dans la vallée de l’Ondaine où Jules Richer exercera le métier de fondeur. Cette vallée située à l’Ouest de Saint Etienne était réputée pour ses forges et ses activités métallurgiques.

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Il décèdera le 19 Juin 1906 d’une commotion cérébrale, laissant sa femme et son fils agé de 19 ans.

Ils habiteront ensemble 136 rue de Roanne, trace est retrouvée sur le livret militaire de mon grand-père pour l’année 1910

Une vie mouvementée donc, qui l’aura conduite des berges de l’océan à la plaine du Forez avec une escale à Tours, il serait évidemment intéressant de connaître les raisons de ces déplacements qui différencient assez remarquablement sa vie de celle de mes autres ascendants qui sont eux restés vivre globalement dans la même région que leur parents.

H – Houilliers

Jacques DENIS 1837 – Sosa 38

« Dans la taille, le travail des haveurs avait repris. Souvent ils abrégeaient le déjeuner pour ne pas se refroidir, et leurs briquets, mangés aussi loin du soleil, avec une voracité muette, leur chargeaient de plomb l’estomac. Allongés sur le flanc, ils tapaient plus fort, ils n’avaient que l’idée fixe de compléter un gros nombre de berlines.

Tout disparaissait dans cette rage du gain disputé si durement. Ils cessaient de sentir l’eau qui ruisselait et enflait leurs membres, les crampes des attitudes forcées, l’étouffement des ténèbres où il blêmissaient ainsi que des plantes mises en cave.

Pourtant à mesure que la journée s’avançait, l’air s’empoisonnait davantage, se chauffait de la fumée des lampes, de la pestilence des haleines, de l’asphyxie du grisou gênant sur les yeux comme des toiles d’araignées, et que devait seul balayer l’aérage de la nuit.

Eux au fond de leur trou de taupe, sous le poids de la terre, n’ayant plus de souffle dans leurs poitrines embrasées tapaient toujours …» *

Émile Zola, Jules Verne et tant d’autres seront les témoins de la révolution industrielle et des bouleversement qu’elle opèrera au sein de la société occidentale et particulièrement en France au XIXe siècle.

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A l’origine il y a le charbon de bois dont le pouvoir énergétique sera vite supplanté par le charbon issu de la terre, la houille, offrant plus de potentiel énergétique et de nombreuses ressources à exploiter dans les sous-sols.

Le charbon permet la production de vapeur, le symbole de cette révolution étant le train qui permet « d’effacer les distances et de réduire le temps »

Le charbon qui alimentera les hauts fourneaux pour produire de l’acier pour construire des machines, des éléments de structures industrielles, de génie civil,…

Les bourgeoisies urbaines investiront pour construire mines et usines et feront appel à une main d’œuvre essentiellement issue des campagnes, cultivateurs et paysans , la classe ouvrière apparaît ainsi pendant que progressivement l’économie rurale et agricole s’atrophie avec la migration vers les villes de dizaines de milliers de paysans.

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Cela est tellement flagrant à la lecture de certaines branches de ma généalogie, notamment la branche Denis qui est le prétexte de cette réflexion.

Les conditions de travail de ces mineurs sont épouvantables et même inimaginables au prisme de nos vies contemporaines, moins de deux siècles plus tard.

Sources :

Emile Zola « Germinal » (*)

Pierrick Auger « les mineurs au XIXe siècle »

 Jules Verne :

Les Indes Noires

Les 500 millions de la Begum