Z – Zones géographiques

Rhône Alpes Auvergne, Centre Val de Loire,  Nouvelle Aquitaine

Les logiciels de Généalogie (j’utilise pour ma part Heredis) permettent de voir d’un coup d’œil dans quels pays, régions ou villes nos ascendant habitaient.

Bien évidemment des tendances se dessinent, qui sont sujettes à évolution au fur et à mesure que les recherches avancent, mais cela me permet de faire un point à un instant « t » des régions d’origine de mes ancêtres.

Là où dans le billet consacré au XIXème siècle je replaçais mes recherches dans une perspective historique, c’est une approche géographique complémentaire que je souhaite synthétiser ici.

Il apparaît assez nettement une concentration des membres de ma famille (65%) sur Saint Etienne (Loire) et sa région immédiate.

L’origine de la branche AULAGNIER est en Haute-Loire à Tence.

Celle de la famille COLOMB dans le secteur de Saint Héand dans la Loire dans les monts du Lyonnais.

Au XIXème siècle d’autres membres de ma famille sont venus vivre à Saint Etienne et dans la proche banlieue (RICHER, SAPEY, …)

Au final mes parents et grands-parents ont tous habité et vécu à Saint Etienne où moi-même j’ai habité et effectué une partie de mes études universitaires.

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La région Centre (20%), est aussi bien représentée sur les villes de Tours, Châteaudun et Orléans.

Cela concerne essentiellement la branche RICHER.

Il est assez amusant de constater que 85% des membres de mon arbre généalogique ont vécu à proximité du fleuve Loire.

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Avant de se déplacer sur la région Centre (cf ci-dessus) une partie de mes ascendants (branche TOUSSAINT) était originaire de Charente Maritime (15%) plus précisément du secteur de La Rochelle.

Sources :

Heredis

X – XIXème siècle

Replacer les ascendants dans leur contexte historique.

Généalogiste débutant c’est évidemment au XIXème siècle que mes recherches sont les plus faciles à conduire et les plus abouties.

Il m’est apparu indispensable, pour mieux situer les divers ascendants de les resituer dans leur époque et de mettre en parallèle la grande histoire et la vie des familles en France.

Cela permet également de représenter la chronologie de ce siècle, de lui donner de la chair, et de se remémorer les diverses étapes politiques du 1er Empire à la IIIème République

18 Avril 1804 : Naissance de Antoine TOUSSAINT (Sosa 26). Un mois après, le 18 Mai, Napoléon Bonaparte est proclamé Empereur des Français

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26 Novembre 1820 : Naissance d’Honorine JOUBERT (Sosa 25) pendant la Restauration sous le règne de Louis XVIII

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Honoré DAUMIER

28 Octobre 1836 : Naissance de Joseph Henry SAPEY (Sosa 20) en pleine Monarchie de Juillet (Louis Philippe)

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6 Novembre 1850 : Naissance de Jean CORDONNIER (Sosa 22). Un an après, le 2 Décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte met fin par un coup d’état à la IIe République et devient l’Empereur Napoléon III

 

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Jacques TARDY

29 Août 1871 : Naissance de Henri Régis Émile SAPEY (Sosa 10), nous sommes sous la IIIe République, la Commune de Paris s’est achevée 3 mois auparavant.

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25 Novembre 1894 : Naissance de Joseph AULAGNIER (Sosa 4). En Septembre survenait le déclenchement de l’affaire Dreyfus.

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5 Novembre 1900 : Naissance de Lucie Séraphie SAPEY (Sosa 5) pendant l’Exposition Universelle à Paris. Nous venons de passer au XXe siècle !

W – Wagons / Chemins de Fer

Henri Régis SAPEY (Sosa 10) et Henri Joseph SAPPEY (Sosa 20)

Henri Joseph SAPPEY et son fils Henri Régis SAPEY (le patronyme ayant subi une altération) travaillaient tous les deux « aux chemins de fer » sans que soit précisée la fonction du père, le fils étant comptable.

« Aux chemins de fer » car de fait on ne parle pas encore de SNCF, mais de compagnies régionales privées qui couvrent l’ensemble du territoire à partir de Paris selon le principe jacobinisme de centralisation.

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On distingue ainsi les compagnies de l’Ouest État, de l’Est, de Paris Orléans, du Midi et le PLM (Paris Lyon Marseille) qui couvre le Sud Est de la France de Paris, aux Alpes à Marseille et Nice.

La première ligne de chemin de fer est mise en service en 1827. Longue de 21 km, elle transporte le charbon des mines de Saint-Étienne à la Loire. Composés de trois wagonnets, les trains descendent sur des rails par gravité et sont remontés par des chevaux. En 1830, le premier train de voyageurs relie Givors à Rive-de-Gier. Ils prennent place dans des wagons servant au transport du charbon, toujours tirés par des chevaux.
(Source : SNCF – Médiathèque SNCF)

La vie professionnelle de mes deux ancêtres s’inscrit dans cet arrière-plan historique, celui d’une région avec une réelle culture ferroviaire. Cela a induit, notamment pour Henri Joseph SAPPEY des déplacements fréquents entre Saint Etienne (Loire), Le Puy en Velay, Yssingeaux (Haute Loire) et la région de Saint Marcellin (Isère) ce qui a compliqué les recherches généalogiques sur cette branche familiale (cf : Lettre K comme Kafkaïen)

Les liaisons desservies par le PLM ont été la source de nombreuses affiches art déco réalisées au début du XIXe siècle

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110 ans après l’ouverture de la première ligne de chemin de fer, le train permet d’assurer le développement économique du pays. Cependant, dès 1920, toutes les compagnies sont déficitaires. La solution est alors la reprise des concessions par l’État : le 31 août 1937, une convention approuvée par un décret-loi prévoit la création de la SNCF, la Société nationale des chemins de fer français.  (Source : SNCF – Médiathèque SNCF)

 

Sources :

Histoire de la SNCF

V – Villes et Campagnes

Les conséquences de la Révolution Industrielle

Une des conséquence directe de la 1ère Révolution Industrielle réside dans la relocalisation des populations rurales en direction des villes. Cette caractéristique commune à l’ensemble des branches est particulièrement saillante en ce qui concerne la branche « Aulagnier », laquelle est localisée dans une commune de la Haute Loire à Tence au lieu-dit de « Costerousse » au moins à partir du XVIIème siècle (je ne suis pas encore remonté au-delà) et c’est au début du XIXème siècle que les descendants des cultivateurs se déplacent vers Saint-Étienne, pour travailler dans les usines textiles, où ils épouseront des enfants de mineurs.

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Toutefois, les campagnes se moderniseront, l’autosuffisance ne sera plus la règle, le commerce s’installera et les populations rurales ne resteront plus confinées au même endroit elles seront plus mobiles.

En France, ce sont plus particulièrement les bassins sidérurgiques et miniers qui se développent (et Saint Étienne est emblématique à ce titre), ainsi que les zones portuaires, et cela sous l’impact direct de 3 phénomènes convergents :

  • L’exode rural, en 1821 seulement 25% de la population était citadine, en 1911 le taux monte à 45%…
  • Les migrations économiques,
  • La poussée démographique, liée au progrès de la médecine et à meilleure hygiène de vie.

La population nationale passe de 27 millions d’habitants en 1800 à 38 millions en 1900.

L’urbanisme des villes, d’abord anarchique, se structure. On assiste à la création de grandes avenues (Baron Haussmann à Paris), à l’adduction du gaz, de l’eau, à la construction de systèmes d’assainissement (égouts).

On construit également des ponts, des gares, des passerelles, et en 1900 pour l’Exposition Universelle un métro à Paris.

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Les populations circulent et les moyens de transport se diversifient et se popularisent.

L’habitat s’organise concentriquement, les classes bourgeoises en centre-ville, les classes moyennes à proximité et les ouvriers en périphérie.

Conséquence d’une vision paternaliste du monde ouvrier, les patrons créeront des logements, des dispensaires, des écoles.

Illustrations :

Jean François Millet « Des Glaneuses »

Georges Grosz « Metropolis »  « The funeral »

Sources :

 

Urbanisation et âge industriel. Cultivoo.com

T – Tence

AULANIER Jean-Jacques né le 26 Ventôse An II (Sosa 32) et ses ascendants.

L’origine de la branche « AULAGNIER » est clairement identifiée sur la commune de Tence, au lieu-dit de Costerousse, unité du lieu, de la naissance de Jean-Jacques AULANIER pendant la révolution française à celle de ses ancêtres connus à ce jour, plus précisément Mathieu et Pierre AULHANIER (fin du XVIIe siècle).

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« Tence fut peuplé à l’époque de l’expansion Romaine d’une colonie de légionnaires. Les troupes romaines étaient effectivement présentes dans le pays entre le 2ème et 1er siècles avant JC dans leur conquête de la Gaule et pour la construction de voies (notamment la voie d’Aquitaine dont l’Auvergne faisait alors partie). Tence aurait été un de ces lieux stratégiques pour les militaires et serait devenu le bourg principal d’une de leurs colonies en « récompense de ses travaux ».Un des témoignages de cette présence romaine est la terminaison en « -ac » de plusieurs lieux-dits tençois (Crouzillac, Utiac, …). Et le nom de Tence pourrait venir, selon des sources incertaines, du verbe latin « tendo » évoquant et l’étendue d’un territoire et de tentes dressées pour le campement des soldats.

Au début du 8ème siècle, les Maures, venus d’Espagne, envahirent le sud de la France. Quand ils atteignent le Velay, on assiste à de nombreux pillages dont Tence n’est pas

épargné. évènement qui vaut sa première mention dans l’histoire. Mais les éléments à ce sujet ne restent que très vagues.

La première apparition écrite de Tence ne date que du 10ème siècle.

Au 11ème, un prieuré est créé à Tence, dirigé par des bénédictins. Le prieuré sur l’emplacement duquel on trouve aujourd’hui l’Hôtel de Ville forme le noyau principal de la ville défendu par un rempart (sûrement détruit au 17ème ) avec deux portes d’accès (porte du Sud et porte Saint Antoine).La forte présence d’hommes d’église, puissants seigneurs qui se partagent le pouvoir, entraîne la création de grandes propriétés, de fiefs, qui avec le climat de guerre régnant (Guerre de Cent ans puis guerres de religions), prendront la forme de châteaux ou maisons fortes (résidences et exploitations agricoles de la petite noblesse) afin de se constituer des abris.

À partir de 1560, les guerres de religions éclatent. La terre vellave est très touchée. La Réforme s’étant épanouie dans la partie supérieure du cours du Lignon, la tension entre les deux camps sur le plateau est forte et les luttes sont sanglantes. Tence tombera aux mains des réformés en 1574, pour peu de temps cependant puisqu’en 1577 la ville est reprise par les catholiques et notamment grâce à l’aide des Jésuites qui s’installent alors au prieuré tençois.

En 1891, un pasteur de Saint-Étienne (Loire) en vacance dans la région se rend compte des bienfaits de la campagne sur son fils malade et crée l’œuvre des Enfants de la Montagne. Des structures d’accueil sont alors mises en place pour les jeunes citadins. Cette nouvelle forme de tourisme accompagnée de la création et ouverture en 1902 de la ligne de chemin de fer reliant Tence aux vallées de la Loire et l’ensemble du plateau, essentiellement au niveau de l’économie et de l’habitat. Il est primordial de comprendre cela pour aborder les guerres mondiales.

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En effet le développement d’un tel esprit de tolérance et d’accueil et la présence de ces nombreuses structures vont alors servir de refuge aux victimes. Des exilés politiques allemands et autrichiens qui fuient le nazisme aux espagnols échappant à la Guerre Civile ou aux enfants juifs, logés et cachés dans ces bâtiments (exemple du Chambon sur Lignon avec le Collège Cévenol, la Maison des Roches…) et plus amplement chez l’habitant, sur l’ensemble du plateau, on assiste à une véritable résistance spirituelle, toutes églises confondues. »

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Source :

Histoire de Tence / Communauté de communes du Haut Lignon

 

S – Service Militaire

Jean, Émile, Benoît COLOMB 1861 – 1943 (Sosa 14) / Soldat Classe 1881

Sous l’Ancien Régime les armées étaient essentiellement composées de soldats de métier, volontaires et mercenaires. Toutefois il pouvait, ponctuellement, être fait appel à des soldats issus de milices provinciales qui étaient en général tirés au sort.

C’est le 19 Fructidor An VI (5 Septembre 1798) que la loi Jourdan Delbrel sera promulguée. Elle pose le principe du service militaire obligatoire pour les jeunes de 20 à 25 ans. La durée de conscription est de 5 ans, elle est illimitée en temps de guerre.

« Tout français est soldat et se doit à la défense de la patrie » article 1.

L’engagement volontaire est possible à partir de 18 ans et jusqu’à 30 ans.

Nous sommes sous le Directoire, un an plus tard le coup d’état du 18 Brumaire An VIII marquera le début du Consulat et l’arrivée de Bonaparte au pouvoir. Dès lors les armées de la République vont être fortement sollicitées…

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En 1818, sous la Restauration, Gouvion de Saint Cyr institue une conscription de 6 ans par tirage au sort avec la possibilité de se faire remplacer. Ce système favorise les classes aisées qui ont ainsi la possibilité de se soustraire au service militaire contre versement d’une compensation financière.

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En 1872 le principe du remplacement est supprimé, subsiste un système de tirage au sort pour répartir les conscrits entre ceux qui effectueront 5 ans par rapport à ceux qui ne seront engagés qu’un an.

En 1889 la durée de la conscription est ramenée à 3 ans

Ensuite, et mis à part les périodes de conflits (1er et 2ème Guerres mondiales, Guerre d’Algérie) la durée su service national ne cessera de décroitre, 18 mois en 1923, 13 mois en 1963, un an en 1971 pour arriver à une suppression pure et simple en 2002.

Sources :

Le service militaire en France – Wikipedia

Service militaire sous l’Ancien Régime – DNA

Loi Jourdan-Delbrel – Wikipedia

Conscription au XIXe siecle / histoire-image

R – Ravat (Le passé industriel de Saint Étienne)

Marcel RICHER 1887-1976 (Sosa 6)

Mon grand-père, avant de s’installer autour de 1930 à son compte en qualité d’artisan fabricant de formes de découpe, rue Jacquemont à Saint Etienne, avait travaillé comme mécanicien ajusteur au sein des usines RAVAT

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Ville minière, c’est surtout ainsi qu’elle est reconnue, Saint Etienne était une ville industrielle avec ses aciéries, sa Manufacture d’Armes, la Manu…,  et la société Manufrance.

« Les Fonderies, Forges et Aciéries de Saint-Etienne, créées en 1865 par l’ancien directeur technique de l’usine de Petin Gaudet de Saint-Chamond, Charles Barroin. Les spécialités de l’entreprise sont identiques à celles de Marine : rails (8000 tonnes sur les 21000 tonnes de métal transformées), plaques de blindage, frettes, éléments de canons, le tout en acier puddlé. Toutefois, Saint-Etienne s’est orientée dès l’origine vers des matériels puissants permettant des fabrications plus lourdes, avec le début du forgeage des plaques au laminoir – alors le plus puissant de France »*

ravat-7La production industrielle s’orientait dans deux productions, les armes et les cycles.

Il y avait en effet une similitude certaine entre la fabrication des futs de canons et des cadres de vélos, les mêmes techniques étaient utilisées, c’est ce qu’a clairement démontré Etienne Mimard fondateur de Manufrance la société stéphanoise  d’armes et cycles.

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RAVAT fondée en 1898 par Jules RAVAT et Auguste ARGAUD fabriquait des vélos sous la marque Wonder et des motos.

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Au plus fort de son activité en 1925 RAVAT emploiera jusqu’à 1200 ouvriers et produira plusieurs dizaines de milliers de pièces. Elle fermera en 1954

Sources :

Encyclo du vélo

Archives de Saint Étienne

Musée d’art et d’industrie de Saint Étienne