O – Obus (L’éclat d’obus)

Mes grands-parents, Joseph AULAGNIER (Sosa 4) et Marcel RICHER (Sosa 6) blessés tous deux par un éclat d’obus pendant la guerre de 14-18.

« Si je vous disais que je me suis trouvé en face de lui, jadis, sur le territoire même de la France !

Élisabeth regarda Paul Delroze avec l’expression de tendresse d’une jeune mariée pour qui le moindre mot de celui qu’elle aime est un sujet d’émerveillement.

— Vous avez vu Guillaume II en France ? dit-elle.

— De mes yeux vu, et sans qu’il me soit possible d’oublier une seule des circonstances qui ont marqué cette rencontre. Et cependant il y a bien longtemps… »

« L’éclat d’obus » paru en 1916 est un roman patriotique de Maurice Leblanc dont l’action se situe au cœur de la grande Guerre.

Son titre est révélateur d’une sombre réalité, le nombre très élevé de blessés par éclats d’obus (60% des blessures au front cf. infra), mes grands parents en étant l’exemple, l’un, Marcel, ayant été blessé à la cuisse et l’autre, Joseph, au visage.

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« Au revoir là-haut » un autre roman, celui-ci de Pierre Lemaitre paru le 21 août 2013 aux éditions Albin Michel, et adapté au cinéma par Albert Dupontel, trouve son point de départ dans les tranchées avec son personnage principal qui réchappera d’un bombardement allemand mais deviendra une « gueule cassée » comme de nombreux autres combattants.

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Si mes grands-parents ont dû faire face à des blessures légères, ce ne fut malheureusement pas le cas de nombreux soldats, défigurés ou emportés par le manque d’hygiène dans les tranchées qui favorisait le développement de terribles infections.

« La guerre de 1914 marque un tournant dans la médecine.

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L’émergence de nouvelles armes beaucoup plus efficaces et les conditions sanitaires et d’hygiène des soldats entrainent l’apparition de blessures nouvelles.

Les plaies par éclats d’obus, grenades, balles mitrailleuses provoquent des entailles à orifices larges où les tissus sont déchirés, et les muscles broyés.

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La complication la plus redoutable des plaies de guerre est la gangrène gazeuse: les lésions profondes sont contaminées par des bactéries qui vont produire des gaz. La gangrène gazeuse se développe plus spécifiquement aux blessures des membres inférieurs. Cette pathologie entraîne l’amputation ou la mort dans bien des cas.

Les autorités médicales vont vite se mobiliser pour tenter d’éviter les amputations, en l’absence d’antibiotiques, et trouver un traitement efficace contre l’infection par un procédé chimique: la méthode Carrel Dakin. En 1917, on compte environ 60 % de blessures par éclats d’obus contre 40% de blessures par balles.
La Première Guerre mondiale voit aussi éclore des maladies psychologiques chez les soldats. De nombreux poilus sont atteints de troubles nerveux provoqués par l’atrocité des combats. C’est en 1914 -18 que se met en place la première médecine d’urgence psychiatrique. La psychiatrie de guerre n’en est qu’à ses balbutiements. »*

Sources :

Le Figaro / Le service de santé 1914-1918

« Putain de Guerre » Jacques Tardy

« Au revoir là-haut » Albert Dupontel 2017 d’apès le roman de Pierre Lemaître

 « L’éclat d’obus » Maurice Leblanc.